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Jusqu’à l’impensable de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  détective du LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux !  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 40 publications depuis 1992.

C’est le huitième livre de Connelly commenté dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015, Mariachi Plaza (2014) en août 2017, Le dernier Coyote (1995) en juillet 2018, Deuil Interdit (2005) en septembre 2018, Wonderland Avenue (2002) en novembre 2018, A genoux (2006) en janvier 2019, Les neuf dragons (2009) en février 2019. D’autres suivront, c’est sûr, car pour certains ce sont des relectures et c’est un plaisir renouvelé où je m’attarde sur des détails concernant la vie de Bosch plus que sur les cas policiers. (Je recommande vivement de les lire dans un ordre chronologique pour suivre la vie privée et professionnelle du détective qui est aussi mouvementée que les cas policiers).

La série pour la TV Bosch (5 saisons) a été aussi une agréable découverte sur Amazon Prime avec des visages à mettre sur des personnages récurrents et un Harry Bosch plus vrai que nature dans la personne du comédien Titus Welliver que je ne connaissais pas et que maintenant je ne peux plus dissocier de mon imaginaire.

Jusqu’à l’impensable (The crossing  2015) est le numéro 21 de la saga avec la présence de son demi frère, l’avocat Mickey Haller.

En tout cas QUEL PLAISIR de retrouver Bosch et dans un excellent opus avec plein de morts (8) et un cas difficile à résoudre.

Ce pauvre Harry Bosch est à nouveau très malmené par la hiérarchie : depuis 6 mois il végète avec une mise à la retraite, une suspension de ses fonctions avec confiscation du badge, l’arrêt du versement de son salaire et…méchanceté suprême, dépossédé de points de retraite jusqu’au jugement de son cas. Tout cela parce que Harry avait crocheté la serrure du bureau de son chef afin de pouvoir consulter des archives concernant le cas sur lequel il travaillait  à ce moment là.

En revanche,  la hiérarchie est plus que tiède pour juger de vrais ripous au sein de la police de LAPD…

Alors qu’il vit sur un autre rythme (il repare une vieille moto), son demi frère, l’avocat vient lui demander de l’aide dans l’investigation d‘un cas. Haller est persuadé que l’homme que tout accuse dans un cas de meurtre dont il s’occupe, est innocent, même si l’irrefutable ADN est contre lui.

LE CAS: une femme, directrice adjointe des services municipaux, et véritable personnage public est sauvagement assassinée chez elle pendant son sommeil; elle est mariée avec le shérif adjoint de Malibu;  tout semble accuser un pauvre gars dont l’ADN a été prélevé sur la victime et de plus, l’alibi pour la nuit du crime ne tient pas très bien…Et l’investigation va partir d’un détail repéré par Harry Bosch: une montre de prix disparue de la scène du crime…

Ceci pose un énorme problème de conscience à Bosch, car cela implique passer de l’autre côté de la barrière, du côté de la défense. Mais quand Haller lui explique que l’on va condamner un innocent et que le seul capable de réunir les preuves de son innocence c’est lui, alors Bosch se dit que si après un tête-à-tête avec l’accusé, il a l’impression qu’il est innocent, alors il acceptera d’aider à la résolution du cas: il sent le besoin de passer par une réaction émotionnelle qui lui donne le désir de pas lâcher le dossier.

Nous aurons une belle démonstration de la méthode de travail de Bosch qui ne néglige aucun détail, qui visite chaque recoin de la  scène du crime, qui passe au crible le suivi chronologique de l’affaire, qui interroge ses témoins avec méthode, qui ne compte pas son temps.

Cet opus m’a semblé un peu lourd au départ avec moult explications juridiques, mais très vite l’action et la succession de crimes vont rendre la lecture haletante.

Dans ce numéro, les deux frères se sont un peu rapprochés, mais uniquement au plan professionnel. En revanche, surgit un élément nouveau qui va probablement les rapprocher davantage : ils ont tous les deux des filles du même âge et qui, par un pur hasard, vont rentrer à la même université (Chapman) ; les pères ont décidé d’un commun accord qu’elles partageront une chambre au campus. Dans ce volume on ne saura rien sur la vie privée de Haller sinon qu’il travaille beaucoup.

Quant à la vie privée de Bosch dans cet épisode, elle est presque inexistante. Il essaye de s’occuper de sa fille, sa petite amie vient de le larguer, mais plusieurs femmes lui tournent autour car à plus de 60 ans, il reste très attractif physiquement.

JUSQU’À L’IMPENSABLE, Le Livre de Poche N°34920 (MC 2015),  ISBN    978-2-253-04476-5

Deuil interdit de Michael Connelly

 

Résultat de recherche d'images pour "deuil interdit"Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 28 publications depuis 1992.

C’est le cinquième livre de Connelly publié dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015, Mariachi Plaza (2014) en août 2017, et Le dernier Coyote (1995) en juillet 2018.

Deuil Interdit (The Closers 2005) est un excellent Connelly que je n’avais pas lu. Je l’ai trouvé excellent non tant par l’intrigue policière que par le traitement subi par Harry Bosch qui va reprendre du service à LAPD, trois ans après sa mise à la retraite. Le nouveau chef de la police Pratt fera appel à lui parce que son ancienne coéquipière, Kizmin Rider a demandé le retour de Bosch; ils seront affectés tous les deux aux Affaires non résolues.

Ainsi, 17 années après, ils vont s’atteler à élucider le crime de Rebecca Verloren, 16 ans, assassinée par balle tout près de sa maison. Ce crime non résolu marquera terriblement la famille Verloren. Le père était un restaurateur connu, Rebecca était une fille unique, choyée. Le père perdra le restaurant, les parents divorceront, le père tombera dans l’alcoolisme et deviendra SDF, la mère frôlera la folie…

Le tandem Bosch-Rider se mettra au travail et se fera aider par les nouvelles méthodes de la police en matière d’écoute, de fichiers, d’ADN.

Ce qui m’a paru intéressant et fort dans cet opus est l’arrière du décor.

D’abord, l’ancien chef de Bosch, Irvin Irving va littéralement le harceler, l’insulter, le mépriser méchamment lorsqu’il apprendra que Bosch a réintégré la police (sans témoins, of course). Il faut dire que Irving a été remercié et muté de son poste de chef de la police et que sa hiérarchie l’a mis à la tête du bureau de planification stratégique, autrement dit, dans une voie de garage…Et il a une dent féroce contre cet électron libre qu’ a toujours été Bosch.

Le premier jour de reprise de Bosch il s’arrange pour le coincer à la cafétéria et lui dit: »oui, c’est au bureau de planification que je suis, mais pas pour longtemps. Pas quand on fait revenir des types comme vous dans la police. Parce que vous savez ce que vous êtes, n’est-ce pas, Bosch? Vous êtes du rechapé. Le nouveau chef aime bien mettre des pneus rechapés à sa voiture. Sauf que vous savez ce qui arrive avec les pneus rechapés? Ils lâchent aux rainures. Alors vous voyez, Bosch? Vous êtes mon billet de retour. Parce que vous allez merder…si je peux m’exprimer ainsi. C’est votre passé qui le dit. C’est dans votre nature. C’est garanti. Et quand vous vous foutrez dedans, ce sera notre nouveau chef qui, aussi illustre qu’il soit, merdera lui aussi d’avoir collé un rechapé de quatre sous. Et quand ses actions plongeront, ce seront les miennes qui remonteront. Je suis patient moi? Ça fait 40 ans que j’attends. Je peux attendre encore un peu… »

Incroyable de méchanceté.

Mais il se trouve que cette affaire non résolue impliquant Rebecca Verloren va très vite dégager des relents de racisme, piste qui avait été soigneusement occultée par la police d’alors dont le chef était…Irving.

De fil en aiguille et après pas mal de souffrances le binôme Rider-Bosch va faire des étincelles et progresser. Tous les deux sont brillants et dévoués. Kiz Rider sait manipuler la loi et la paperasse. Bosch est un intuitif avec toujours cette fâcheuse tendance à faire bande à part sans jamais ménager sa peine ni ses risques.

L’attention est maintenue tout au long du roman jusqu’au dénouement final. Un régal.

Ayant regardé tout récemment l’excellente série Bosch (Titus Welliver inoubliable dans le titre-rôle), quelle n’a été ma surprise en découvrant que Irvin Irving était noir dans cette série. Ils ont rajouté dans le script américain tout un pathos personnel autour du chef de la police qui était à ce moment Irving, un pathos qui rajoute tout un pan d’histoire inédit et inventé. Pourquoi? Pour faire politiquement correct en enlevant le côté racial de l’affaire Verloren et blanchir ce côté délicat de LAPD?

DEUIL INTERDIT, Coll Points P1476 (2013), (MC 2005),  ISBN 978-2-7578-3709-2

Le dernier coyote de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 28 publications depuis 1992.

C’est le quatrième livre de Connelly publié dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015 et Mariachi Plaza (2014) en août 2017.

Le dernier coyote (1995) est une relecture et je dois dire que j’ai davantage apprécié que la première fois, étant particulièrement interpellée par la douleur du personnage de Harry Bosch, par le profond bouleversement de son for intérieur, par les implications dans sa vie de l’assassinat de sa mère.

Dans ce tome, Harry Bosch est suspendu de ses fonctions et renvoyé chez la psychologue du Service après qu’il eut agressé physiquement un collègue en le faisant passer à travers une vitre (il aurait pu le tuer!), mais Harry Bosch, à très juste titre, est excédé par les positions et le jeu de sape de son collègue.

Cette suspension dans ses fonctions d’inspecteur dans le LAPD fait que Harry va réouvrir un dossier vieux de 33 ans, non résolu. C’est le dossier de l’assassinat de sa mère, une prostituée retrouvée dans une benne et dont le crime n’a pas été élucidé; en outre ce dossier montre des signes évidents de défaillance dans l’investigation.

L’histoire malheureuse de Harry Bosch, qui décide de devenir policier à la suite d’un passé lourd comme celui-ci, me rappelle un autre très bon roman policier à succès : Le Dahlia Noir de James Ellroy, une autre histoire de crime non élucidé  sur une starlette de LA, assassinée dans les années 50 (Elizabeth Short); la mère de James Ellroy sera aussi assassinée quelques 11 années après et le crime ne sera pas résolu non plus.

Dans Le dernier coyote Harry Bosch va ressortir le vieux dossier et essayer de reconstituer l’histoire. Très vite il va s’apercevoir que le cas gêne encore certains milieux politiques…Il aura le plus grand mal à réunir des preuves. Il recevra des menaces. Tout au long du roman on a l’impression que le sort s’acharne sur lui : radié du poste d’inspecteur, vilipendé par les collègues, sa maison détruite par le tremblement de terre de 1994 et vouée à la démolition, son histoire d’amour compliquée avec Jasmine…

Le titre du livre émane de l’apparition recurrente d’un coyote efflanqué qui vivote dans le canyon où Harry possède sa maison. Harry est littéralement hanté par la vision du coyote qui a l’air perdu et malheureux comme lui même.

Un excellent Connelly, pétri dans la douleur morale d’un Harry Bosch plus fragile que jamais, plus sauvage que jamais, plus déterminé que jamais et qui ira jusqu’au bout de l’affaire et dont la clef du mystère surprendra le lecteur. Un de mes préférés.

LE DERNIER COYOTE, Points Roman N° P781, (MC 1995), ISBN 978-2-02-043813-1

Mariachi Plaza de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui on arrive à plus de 28 publications depuis 1992.

Je les ai lus presque tous (surtout la série avec Harry Bosch) et j’en possède quelques uns. Mes préférences vont au Poète de 1996, La blonde en béton de 1994, Créance de sang de 1998, et bien d’autres.

Dans ce blog j’ai commenté La lune était noire ( 2000) en juillet 2015, polar qui m’avait bien plu, palpitant et original car les protagonistes sont des truands et aussi parce que le personnage principal est une femme malfrat, Carrie Black. Et Le Cinquième Témoin (2011) avec un billet en février 2015, qui m’avait paru par moments un peu longuet avec les digressions autour de la machine judiciaire « made in the US » et qui met en vedette l’avocat Mickey Haller, demi-frère de Harry Bosch, un avocat bien sympathique, choqué par certaines pratiques et prêt à rendre sa robe d’avocat.

Mariachi Plaza ( The Burning Room, 2014) est un très bon Connelly à mon goût. J’ai retrouvé avec plaisir ce Harry Bosch pour lequel j’ai un faible depuis toujours: j’adore sa détermination sous un aspect taciturne et assez sauvage, indomptable. Les deux titres, si différents de l’anglais (The Burning Room) au français (Mariachi Plaza) font allusion à deux affaires judiciaires bien distinctes mais ayant une connexion dans le récit, et nous saurons les tenants et les aboutissants à la fin de l’épisode.

Harry Bosch est à moins d’un an de sa retraite comme inspecteur de LAPD, il est assigné aux cold cases, c’est à dire, aux cas non résolus. C’est curieux comme cela peut être différent d’un pays à l’autre car au Danemark par exemple, on met un policier « sur la touche » sur les cas non résolus, c’est une sorte de mise au placard, c’est une quasi « sanction » (cf  février 2017, avec l’auteur de polars danois Adler-Olsen et son commissaire Carl Mørck). Aux USA ce serait tout le contraire, c’est  une consécration pour un policier chevronné, une reconnaissance du bon labeur engrangé  au fil d’une carrière. Et on va affecter un jeune policier au flic senior afin de former un binôme pour perpétuer le savoir faire du senior.

Dans cet épisode il y a peu d’hémoglobine, mais beaucoup de tension psychologique. Et ce qui m’a rendu le livre intéressant, c’est de voir par le détail, le mode de fonctionnement de LAPD avec les rapports parfois houleux entre les policiers mais aussi avec la hiérarchie. C’est très politisé, très verrouillé et pas mal vérolé… L’affaire qui m’a choqué le plus est celle qui consiste à suspendre, pour n’importe quel motif, de vieux policiers juste avant leur retraite afin d’économiser de l’argent car lorsqu’il y a suspension, ils ne touchent pas toute leur retraite. Cela me semble un manque d’éthique colossal envers des citoyens qu’ont mis leur vie en danger pour la communauté et ce, pendant des années ! Mais il y a aussi d’autres anomalies de taille et rien que pour cela, ce roman est très intéressant. J’imagine que Connelly doit avoir de bons contacts au sein de LAPD pour en être aussi bien informé.

Pour en revenir au livre, le titre fait référence à l’ assassinat d’un mariachi qui se trouvait ce jour là au mauvais endroit à cette Mariachi Plaza où des mariachis jouent afin de se faire engager. Le meurtre a eu lieu plus de 20 ans auparavant !

Harry Bosch vient de récupérer une jeune co-équipière, Lucia Soto, d’origine mexicaine. C’est incroyable la succession de noms hispaniques au sein de LAPD, à tel point que lorsque l’on croise un nom américain (surtout irlandais) le lecteur éprouve soudainement une surprise… Mais Lucia Soto n’est pas là par hasard; elle a du se faire probablement pistonner pour être à côté de Harry Bosch car elle veut résoudre une autre affaire judiciaire qui la concerne personnellement. C’est la partie de l’histoire que j’ai trouvé un peu trop « arrangée » et peu vraisemblable.

La ville de LA est décrite avec une précision d’entomologiste et ceux qui la connaissent vont se régaler.

A la fin du livre, et pour la première fois j’ai été émue jusqu’aux larmes, ce qui est plutôt rare. Je pense qu’il faut lire l’opus car il en vaut vraiment la peine pour toute l’information que Connelly nous livre autour de cette mythique LAPD et ses modus operandi.

MARIACHI PLAZA, Livre de Poche 2017 (N°34523)  (M.C. 2014),  ISBN 978-2-253-08637-6

La lune était noire de Michel Connelly

Michel Connelly (Philadelphie 1956) est l’un des principaux auteurs américains de romans policiers avec le flic Harry Bosch du LAPD (de son vrai nom Hyeronimus Bosch, comme le peintre de monstres hollandais ) . Mister Connelly est diplômé en journalisme, il a débuté sa carrière comme chroniqueur judiciaire pour le Los Angeles Times. Il s’est lancé dans la carrière d’écrivain en 1992 avec Les égouts de Los Angeles, son premier polar où l’on découvre Harry Bosch; il reçoit pour ce polar le prix Edgar du meilleur roman policier. Ensuite son roman Le poète reçoit le prix Mystère en 1998 et Créances de sang le grand prix de littérature policière 1999 ( il a écrit plus de 25 romans).

J’ai lu presque tous les polars avec l’inspecteur Harry Bosch, et je dois dire que j’ai succombé au charme de ce policier taciturne, solitaire, secret, tenace, un peu triste. Harry Bosch a évolué, il vieillit en temps réel comme sa ville natale Los Angeles, où il réside toujours.  Mes préférences vont au Poète, Les égouts de LA, et quelques autres. J’avoue qu’à une certaine époque je distillais leur lecture soigneusement pour faire durer le plaisir de lire.

La lune était noire ( titre original Void moon, 2000) appartient aux  romans hors du cycle Harry Bosch, et c’est le seul roman de Connelly où le personnage principal est une femme et aussi une criminelle. Je trouve  que c’est un super polar avec beaucoup d’action haletante, roman écrit comme un script de film,   avec des chapitres courts qui donnent du dynamisme à l’histoire. On ne s’ennuie pas une seconde, même si l’on sent que la fin est un peu bâclée. Étonnant que ce roman n’ait pas été adapté au cinéma pour le moment: il décrit à la perfection l’univers surréaliste de Las Vegas, univers frelaté, miroir aux alouettes, lieu de perdition pour des pauvres gens en mal d’existence, enfer des joueurs invétérés. Nous avons ici la possibilité d’approcher l’envers du décor avec les systèmes de surveillance hyper performants et au top de la technologie, la sécurité des lieux, le modus operandi de ces palaces ultra kitsch, faits pour appâter le gogo et le déplumer, lieux aussi de drames personnels qui nourrissent les faits divers de cet endroit surgi du néant, créé de toutes pièces par l’homme dans sa soif du gain à grande échelle

L’intérêt de ce roman réside pour moi dans le fait que les protagonistes ce sont des truands. Nous sommes  de l’autre côté de la barrière. La loi régnante est celle du crime, de la pègre, de l’absence de morale conventionnelle. La fin du roman est  ouverte, à nous de lui donner une fin. A chacun de régler les problèmes soulevés avec sa conscience et sa soif de justice.

  Le sujet du livre est l’organisation d’un super casse  mené par une ancienne détenue, véritable pro du fric-frac, talentueuse à sa manière et qui a connu une histoire, of course, chaotique et malheureuse. Nous voilà plongés dans le monde du grand banditisme avec luxe de détails et une vraie histoire qui se tient. Un pur régal.

LA LUNE ÉTAIT NOIRE, Livre de Poche 32435,  ISBN 978-2-253-16250-6