Mrs. Bridge d’Evan S. Connell

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Evan Shelby Connell était un romancier, poète et scénariste américain (Kansas City 1924-Santa Fe 2013). Sa biographie par George Amstrong Custer, parue en 1984, fut un best seller qui a été adapté en mini -série pour la TV en 1991,  remportant des prix.

Mrs Bridge (1959) fait partie d’un diptyque avec Mr Bridge (1969) et le roman fait l’objet d’un véritable culte aux USA, certains estimant qu’il s’agit d’un chef d’oeuvre en raison du style narratif de Connell : 117 chapitres dont chacun constitue le descriptif d’une tranche de vie de Mme Bridge, chapitres livrés dans un style sans aucune fioriture et sans aucune interprétation. Ce livre Connell l’a dédié à sa soeur Ruth. Dans le deuxième volet le romancier reprend le même nombre de chapitres avec cette fois, le point de vue de Mr Bridge sur les évènements.

Un film fut tourné en 1990 par l’Américain James Ivory sous le titre de Mr & Mrs Bridge, un mix des deux livres et une libre adaptation du diptyque, avec Paul Newman et Joanne Woodward (couple dans la vie réelle) dans les rôles titres. Mrs Woodward a été nominée comme meilleure actrice pour l’Academy Award. Un accueil mitigé a été fait au film à l’époque car certains faisaient le reproche d’une excessive répression émotionnelle chez les deux personnages principaux. J’ai visionné ce film de presque deux heures et je l’ai beaucoup aimé, mais n’ayant pas encore lu Mr Bridge, je ferai la critique du film lorsque j’aurai lu les deux. On peut le voir au complet et en VO sur Youtube. Dans le film il m’a semblé que Mrs Bridge est « plus humaine » que dans le livre, on arrive à la comprendre par moments alors que dans le livre on a envie de la secouer et de la rudoyer. En revanche le mari m’a semblé nettement plus rigide et j’oserais dire « plus frigide » que dans le livre. Les deux acteurs sont remarquables.

C’est un très bon livre, bouleversant, émouvant, dérangeant. Il raconte par petites touches la vie d’India Bridge à Kansas City, dans le Missouri des années 30-40 au sein d’une bourgeoisie rigide et bien pensante. India est marié à un avocat qui travaille beaucoup trop, arrive épuisé chez lui, renfermé et ne veut surtout pas s’épancher ni avec sa femme ni avec ses enfants qui sont trois : deux filles et un garçon. India Bridge est tellement momifiée dans ses actions qu’elle a perdu jusqu’au sens maternel; elle ne communique pas avec ses enfants, elle égrène à longueur de journées des diktats de conduite à ses enfants, elle ne les touche plus jusqu’à provoquer un sentiment de répulsion si jamais par mégarde elle frôle son fils. Et les trois enfants dans ce contexte sans chaleur vont devenir aussi ternes et fermés que leurs parents.

India Bridge a une vie oisive, elle se fait servir et elle a tout le temps pour entreprendre toute sorte de choses : cours de peinture, lectures, sorties, réceptions, amitiés. J’ai lu quelque part une appréciation très juste sur India Bridge : elle est la reine absolue de la procrastination, avec cette manie qu’elle a de pousser toujours à plus tard toutes ses actions.

Et les années passent, les enfants grandissent, les amis vont et viennent, et elle est toujours là à attendre que les choses se présentent à elle sans que jamais elle s’immisce de prendre une décision ou un parti. Terne de terne, comme femme et malheureuse, bien sûr. Sa belle vie lui aura glissé dessus sans que jamais elle se soit laissée aller à la vivre avec passion ou une détermination émanant d’elle même.

Un portrait sans concession d’une certaine Amérique aujourd’hui révolue. Grandiose, très bon.

On peut rapprocher ce livre d’un Stoner de John E. Williams (1965) que j’ai lu et commenté en janvier 2015 (excellent !), et de La fenêtre panoramique (1961) d’un Richard Yates  et de La Conjuration des Imbéciles d’un John Kennedy Toole qui se déroule en 1963 et qui a été publié à titre posthume en 1980. Ces deux derniers je me dois de les lire.

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MRS. BRIDGE, Belfond 2016 (E. Connell 1959),  ISBN 978-2-7144-5959-6

El novio chino de María Tena

Résultat de recherche d'images pour "maria tena el novio chino"  María Tena es una escritora española (Madrid 1953) licenciada en Filosofía y Letras y Derecho, con una carrera de funcionaria. Vivió y trabajó un año en Shanghái con motivo de la Expo 2010. Ha escrito varios libros que han resultado finalistas de Premios importantes del ámbito literario (Herralde, Primavera…). El novio chino ha sido galardonado con el Premio Málaga de Novela 2016.

El amante japonés de Isabel Allende (comentado en julio 2016) y ahora El novio chino de María Tena, son dos libros que fuera de un título evocador de amores exóticos, no tienen nada en común ni con la historia ni con el estilo de las escritoras. María Tena tiene un estilo de escritura directo y claro, con frases cortas y abruptas.

El novio chino es una historia sentimental homosexual entre un simpático cincuentón español originario de Ronda, Bruno,  y un joven chino, campesino y analfabeto que huye de su pueblo ante las violencias físicas del padre (bebedor) y la orden imperiosa para casarlo con una chica amiga de infancia y obligarlo a darle descendencia. Es un muchachito flaco, pero resistente físicamente, tiene principios y adora a su madre.

El español llega a Shanghái para trabajar unos 6 meses en el Pabellón español de la Expo 2010, pero huye también la madre Patria porque su negocio de relaciones públicas está en bancarrota con una deuda monumental y una estafa de la parte del  socio y amigo de infancia. También llega dispuesto a « cazar » pareja porque se siente solo. Es un hombre tranquilo, un esteta que busca ternura y cuyo pelo rubio y ojos azules provocan la admiración de los asiáticos, tiene prestancia, se cuida y lo sabe. También ama a su madre.

El chico chino se llama Wen, pero se hace llamar John, proviene de la provincia de Henan, cerca de Zenghzhou, donde trabajó en una fábrica donde doblaba camisas y dormía sobre el suelo en cemento; llega como clandestino a Shanghái, y se cruza con Bruno en un bar gay. Bruno lo adopta, conmocionado por su estado de desnutrición y de soledad. Bruno y Wen empiezan una relación.

La historia sentimental entre un hombre de 50 años y el muchachito desvalido no tiene ninguna relevancia en si. Lo que si es interesante es la confrontación de dos mundos : el occidente representado por Bruno y el oriente por Wen-John.

Bruno lo tiene todo. Wen no tiene nada material, pero tiene una viva inteligencia y se irá adaptando aunque no puliendo porque  él considera que está en su elemento y no tiene porqué cambiar sus costumbres ancestrales : escupe en el suelo, come groseramente, tiene las uñas sucias, habla demasiado fuerte. Mil detalles que hacen que Bruno tienda a rechazarlo por momentos ya que no lo puede corregir. Wen aprenderá rápidamente y solo con sus auriculares un inglés rudimentario que le permitirá evolucionar en Shanghái. En cambio Bruno, al cabo de meses es incapaz de utilizar los palillos para comer de manera adecuada.

Han explicado a Bruno que para los chinos el honor y el orgullo son primordiales y que lo que más temen los chinos es perder la  cara y ser humillados en público. Que no hay que atacarlos de frente ni en directo. Que primero la coba y luego la crítica y nunca de frente. Que a los chinos no hay que tocarlos en público, que son tozudos y pacientes. Pero que se cuelan en las colas, dan empujones, gritan y roban, son indisciplinados.

Bruno sueña con llevarlo a España, al mismo tiempo que teme la falta de refinamiento de Wen aunque lo intuye totalmente apto a adaptarse y aprender rápidamente el español como aprendió solo el inglés.

Cuando el contrato de Bruno se termina ellos ya no son pareja porque al cabo de una disputa Wen se marchó llevándose solo sus pertenencias (pocas) y nada de lo que Bruno la había ido comprando poco a poco para refinarlo. Bruno regresa a España y a pesar de las economías realizadas en Shanghái, su negocio está en bancarrota y le embargan todo lo que tiene. En poco tiempo deberá aceptar una situación de lacayo en Madrid que le permite vivir pobremente.

Al cabo de un par de años Wen-John le anuncia visita en Madrid. Es un hombre casado, con un bebé y muy rico. De un puesto de chofer del vicealcalde de Shanghái, que le buscó un amigo de Bruno, fue subiendo los grados en el partido comunista y haciendo pequeños negocios especulativos que lo van a enriquecer de manera rápida.

El pobre chino, muerto de hambre, analfabeto, pero inteligente ha sabido jugar sus cartas. El occidental opulento lo ha perdido todo y no logra recuperar su posición en un mundo en crisis permanente.

Dos mundos confrontados cara a cara, irreconciliables, despiadados a todos los niveles.

EL NOVIO CHINO, Fundación José Manuel Lara 2017,  ISBN 978-84-15673-38-5

La montagne est jeune de Han Suyin

Résultat de recherche d'images pour "han suyin la montagne est jeune"  Han Suyin, de son vrai nom Chou Kuanghu, connue aussi comme Rosalie Elisabeth Comber (nom de son deuxième mari), fut une écrivaine, journaliste, sinologue et analyste politique sino-belge (Chine 1917-Suisse 2012), née de père chinois et de mère belge. Elle a commencé des études de Médecine à Bruxelles en 1933 qu’elle reprendra à Londres en 1944 pour obtenir le diplôme en 1948.

Elle a écrit plusieurs romans sur l’Asie, le plus connu est Multiple Splendeur de 1952, porté à l’écran avec un grand succès. Elle commence à écrire sous le nom de Han Suyin en 1937-45 pendant la Guerre sino-japonaise.

Dans les années 60-70 Han Suyin joua un rôle de porte-parole officieux dans la Chine de Mao, rôle qui lui valut des critiques acerbes par les défenseurs des droits de l’homme.

La Montagne est Jeune parut en France en 1959, traduit de l’anglais (The Mountain is Young, 1958): le livre se déroule au Népal et se serait inspiré des derniers moments du mariage de Han Suyin avec son deuxième époux, l’Anglais Leonard Comber ainsi que sa rencontre avec son troisième et dernier mari, l’Indien catholique Vincent Ruthnaswany.

Ce livre est un des livres préférés d’une grande amie et lectrice qui me l’a prêté avec circonspection, raison pour laquelle je le lis avec une certaine émotion et une attention particulière.

C’est un très grand roman et qui n’a pas vieilli d’un iota. Il se passe au Népal en 1956 et nous narre l’histoire d’Anne, mariée à John Ford, un Anglais, ancien colonial. Le couple bat de l’aile essentiellement parce qu’Anne ne ressent plus rien pour son mari; il lui provoque même une certaine répulsion physique. Elle écrit essentiellement des articles qui ont connu une petite notoriété. Elle s’ennuie ferme et accepte un poste d’enseignante d’anglais à Katmandou, dans une institution tenue par des missionnaires laïques, toutes vieilles filles et confites dans la bienséance et la religion.

La vallée de Katmandou ainsi que le Népal sont décrits de façon flamboyante, chaque fleur et chaque arbre a droit à un descriptif si parfait que le lecteur croit percevoir des fragrances subtiles. Le cadre géographique est aussi admirablement rendu, à tel point que le texte a la valeur d’un cliché photographique. Je ne connais pas le Népal, mais j’imagine la succession de sensations que cette lecture peut déclencher chez quelqu’un qui l’a visité, même s’il est vrai que le site ne doit plus avoir le cachet des années 50-60: les hippies sont passés par là, avec leur nirvana chimique et tout ce qui en découle…

Anne Ford va faire la connaissance d’un Indien, Unni Menon, ingénieur qui travaille dans la construction d’un barrage à 3000 m  d’altitude  (barrage qui évitera les inondations dues chaque année à la mousson, à l’origine de ravages terribles, de famine et de désolation dans toute la vallée). Elle tombera éperdument amoureuse de cet homme et bravera  toutes les conventions sociales pour l’aimer.

Le réveil sensuel d’Anne est intense et c’est décrit avec les mots qu’il faut, parfois crument. Il y a de la part de l’écrivain aucune pudibonderie pour mettre sur le papier toute la gamme de sentiments et de sensations nouvelles que va ressentir Anne devant cet amour d’abord très physique, puis très complet au four et à mesure qu’ils apprendront à se connaitre. Je pense que pour les mentalités de 1959, c’était assez osé, mais quelle justesse dans le ton pour nous décrire la passion des deux amants.

Dans le roman il y a d’autres couples et leurs histoires sont aussi très bien analysées.

Katmandou se trouve à 1500 m d’altitude et la raréfaction d’oxygène doit jouer un rôle dans l’exacerbation des sens des gens, provoquant une euphorie amoureuse et une forte érotisation des rapports entre hommes et femmes jeunes car les passions sont assez déchainées. Aussi cet affichage dans tous les temples de toutes les positions amatoires, doit jouer un rôle dans le collectif local.

Il y a dans l’histoire plusieurs personnages hauts en couleur, tels que le Rampoche ou autorité religieuse, doublé d’un redoutable homme d’affaires véreux. Il y a aussi pas mal d’humour pour juger certaines scènes, ce qui ajoute du sel à la lecture. Il y a aussi énormément d’informations intéressantes sur ces peuplades asiatiques comme par exemple la coutume de fiancer les fillettes Nevâris (originaires de la vallée) vers l’âge de 8 ans à un arbre, le coing du Bengale, afin qu’elles ne puissent jamais devenir veuves et qu’elles puissent échapper au sâti, cette pratique selon laquelle les veuves étaient contraintes à s’immoler sur le bûcher funéraire de leur époux pour le suivre dans l’au-delà. Ainsi le premier époux d’une femme étant du point de vue légal un arbre, les autres sont en surnombre.

La montagne est jeune, le titre du roman, fait référence à Mana Mani, une flèche rocheuse hostile dans un cirque grandiose de montagnes  de l’Himalaya, mais Mana Mani incarne aussi des déesses prêtes à se déchainer sur les humains si elles sont contrariées et cette croyance pèse lourd dans les mentalités locales, notamment sur les ouvriers du barrage où travaille Unni.

Un livre intéressant racontant avec des mots forts une histoire d’amour ravageuse et compliquée mais sublime dans un cadre unique. Un coup de chapeau pour la riche qualité de la traduction de Mme Renée Villoteau qui a su trouver tant de mots justes pour rendre à ce récit son intensité et sa sensualité.

Bravo Françoise, ton livre n’a pas vieilli, il est très fort. Merci.

LA MONTAGNE EST JEUNE, Livre de Poche (HS 1959),  ISBN

Una pasión rusa de Reyes Monforte

Résultat de recherche d'images pour "reyes monforte " Reyes Monforte es una periodista y escritora española (Madrid 1975), autora de varios libros; muy conocida por su trabajo en la radio, un medio que abandonó en 2007.

El libro Una pasión rusa ha sido galardonado con el decimocuarto Premio Alfonso X El Sabio 2015 de novela histórica. El libro relata de manera novelada la vida de la cantante española Carolina (Lina) Codina con el compositor ruso Serguéi Prokofiév. Lina Prokofiév es más conocida en el exterior que en su propio país.

Ha surgido cierta polémica porque la Fundación Serguéi Prokofiév (fundada en 1983 por Lina Prokofiév), via un nieto del compositor (quien lleva el mismo nombre), acusa a la escritora de plagio aduciendo que Monforte reproduce fragmentos de otro libro escrito por una escritora rusa radicada en España y que fue amiga personal de Lina Prokofiév:  Valentina Chemberdjí autora del libro Lina Prokofiév. Una española en el gulag (2009). Chemberdjí habría obtenido el beneplácito de la Fundación antes de la publicación de su libro, lo que no fue el caso de la autora española que no consultó a los descendientes ni se rindió a los archivos de Moscú.

Es un libro espeso de casi 600 páginas que me resultó pesado de lectura por momentos, aunque muy interesante porque está magníficamente ambientado en cada época. Interesante también porque abarca toda la Historia europea de la primera mitad del siglo XX con personajes reales cercanos a los protagonistas del libro. También interesante porque dando a conocer un personaje femenino tan relevante como Carolina Codina, una española que logró conquistar al genio Prokofiév. Y también interesante por la tremenda historia de amor protagonizada entre el ruso y la española : aquí tenemos un claro ejemplo de como la realidad puede sobrepasar a la más desbocada imaginación.

El libro está dividido en 5 capítulos bien delimitados geográficamente : Nueva York, Paris, Rusia y el gulag.

La protagonista es Carolina Codina (Madrid 1897-Londres 1989), hija del tenor barcelonés Juan Codina y Llubera y de Olga   Nemiskaia, cantante de ópera franco-polonesa.  Lina quiso ser cantante lírica y estudió música. Desgraciadamente padecía de pánico escénico, al igual que su padre. Conoció a Serguéi Prokofiév en Nueva York en 1918, a la edad de 21 años, cuando el compositor dio su concierto inaugural en el Carnegie Hall.

Lina era una mujercita perfecta : educada, culta, políglota, bella, elegante, con personalidad y una sonrisa avasalladora. Prokofiév era un genio, es decir, un ser raro, introvertido, poco social y nada de seductor, pero un genio musical y un artista total que solo vivía para componer música.

El músico Prokofiév es un artista inmenso : pianista, compositor y director de orquesta, considerado en su época como un verdadero artista de avant garde y su libertad en materia de creación musical hizo de él un ente solitario.

La pareja se enamoró y Lina convenció a sus padres que debía viajar a Paris para estudiar mejor la música y desarrollar su voz. Esto surgió a raíz del deseo de Prokofiév de radicarse en el Paris fabuloso de los años 20-30, en aquel entonces « Paris era una fiesta » y la pareja pudo codearse con lo mejor del ámbito artístico. Se casaron en 1923, muy discretamente pero ya eran de todas las fiestas. Se codearon con Coco Chanel, Hemingway, Cocteau, Radiguet, Diaghilev, Pablo Picasso, Stravinski, Ravel, Rubinstein, Rachmáninov etc.  En Paris vivieron en el 5 de la calle Valentin Haüy, cerca del Hospital Necker, en Paris XV en una tranquila calle  burguesa con el típico edificio en piedra tallada de tipo hausmaniano.

Visitaron Moscú en 1927, invitados por el Partido y fueron atendidos como verdaderos jerarcas, creyendo en Staline. Luego hubo varios viajes cortos por parte del compositor y cada vez su nostalgia de lo ruso se hacía más fuerte.  Volviendo a Paris Serguéi Prokofiév estaba obsesionado con radicarse en la madre patria y componer música en su tierra y para los rusos. En 1936 volvieron a Moscú con sus dos hijos varones, donde se les concedió una casa moderna y espaciosa (un privilegio) en la calle Chkalov, solo para ellos afin de que Prokofiév se dedicara de lleno a su arte. Llevaron una intensa vida social, con amigos artistas de primer orden y otros más bien políticos. Lina era muy extrovertida y amistosa porque era políglota y podía expresarse en cinco idiomas. Poco a poco fueron cayendo en una encerrona de la parte del NKVD, especialmente Lina que tenía amigos en todas la embajadas.

Página 254 se nos da el tempo del Moscú de los años 30…a veces Lina tenía la impresión de que su vida sonaba diferente a como lo hacía la de los demás. Llegó a pensar que el corazón de Serguéi latía en Re Mayor, como su Concierto para violín n° 1 y era así como sonaba su mundo, sus sueños, sus secretos. Toda su vida susurrada en Re Mayor. No se equivocaba demasiado….Prokofiév era un experto en ignorar el ruido exterior. Esa sordera discrecional quizá evitó que escuchara el eco de las primeras notas de una melodía de terror que había empezado a sonar en la Unión Soviética y que hablaba de purgas, detenciones injustificadas, deportaciones forzadas y acusaciones falsas…Stalin consideraba que los artistas, en especial los escritores y los músicos, eran los ingenieros del alma del pueblo, y si lograba manejarlos, conseguiría también regenerar a la población. Emprendió una guerra contra lo que se denominó el estamento, los intelectuales y todo aquel artista que no comulgara, no con los ideales revolucionarios, sino con su proyecto de dictadura personal.

También el matrimonio se fue gastando y aunque Lina se sentía siempre muy enamorada de su marido y le consagraba toda su atención y ayuda para su carrera, éste se enamoró de una estudiante de literatura y poetisa rusa, Mira Mendelson, cuyo padre era un importante jerarca del PC. Esta mujer 24 años más joven que el compositor, lo convenció para que abandonara a su mujer y sus dos hijos. Cuesta creer que Prokofiév haya abandonado a su musa por esta mujer desaliñada, desagradable, sin cultura musical y feúcha. Pero los hechos están ahí, inapelables : probablemente que Mira Mendelson algo debió tener que sedujo al cincuentón y « volado » compositor. Por otra parte, es posible que el Partido haya tendido una encerrona al compositor porque no les gustaba la idea que esta gloria nacional estuviese casado con una extranjera quien además no tenía pelos en la lengua para decir alto y fuerte todo lo que pensaba. Es posible también que Prokofiév haya tomado consciencia de la gravedad política de su caso y se haya dejado intimidar.

En todo caso abandonó a su familia en condiciones bastante dramáticas, lo que demuestra una falta de carácter y del sentido de las responsabilidades bastante grave. Además se casó con la rusa en 1948 sin divorciarse de su legítima esposa lo que demuestra el total apoyo solapado del Partido.

A los 20 días Lina Prokofiév fue detenida y torturada durante 9 meses en la Lubianka bajo la acusación de espionaje. Querían que firmara su reconocimiento como espía en la Unión Soviética a lo que ella siempre se negó hasta el día en que le hicieron comprender que sus hijos serían apresados y torturados como ella. Para salvarlos, Lina firmó su acusación y fue condenada a 20 años de gulag.

El capítulo sobre su detención en varios gulags es escalofriante acerca del grado de vejaciones al que se sometía a todos estos apresados políticos. Por ejemplo en el gulag de Sevvostlag donde para construir un camino decidieron mezclar los huesos, las vísceras y los restos de los muertos (miles de presos que sucumbían al frío y que eran remplazados rápidamente por otras hornadas) con la masa de hormigón para la pavimentación del camino (inventaron los primeros caminos « ecológicos » estos asesinos!).

En todo caso esta frágil mujer logró sobrevivir a las peores vejaciones que se puede imaginar. De los 20 años cumplió 8 y logró salir de la Unión Soviética en 1974 para juntarse con sus hijos y sobrevivir aun 15 años.

En las notas de Monforte al final del libro (sin citar las fuentes) se lee con estupefacción que el gulag ruso recluyó a 29 millones de personas en unos 500 gulags a lo largo de 7 décadas ! El número exacto de muertos se desconoce, pero se calcula entre 15 y 20 millones de los cuales entre 8 y 10 millones bajo la égida de Stalin ! Y pensar que Stalin fue nominado a un Premio Nobel de la Paz en 1945 y 1948 por sus esfuerzos para poner fin a la SGM !

Una lectura interesante aunque por momentos demasiado copiosa, me demoré una semana en terminarlo y digerirlo. En cuanto al aura de plagio , la escritora cita hechos muy específicos sin dar sus fuentes, pero es sabido que la historia no se escribe dos veces y que los hechos no se pueden cambiar. Después viene la manera de exponerlos y ella escribió un buen libro.

La foto que sigue es la del matrimonio Prokofiév en sus años felices :

UNA PASIÓN RUSA, Espasa 2015,  ISBN 978-84-670-4517-8

Peggy dans les phares de Marie-Ève Lacasse

Résultat de recherche d'images pour "marie eve lacasse"  Marie-Ève Lacasse est née au Canada en 1982, mais elle vit en France depuis plus de 20 ans; c’est une journaliste freelance, conceptrice-éditrice qui possède aujourd’hui sa propre agence éditoriale.

Peggy dans les phares est son premier roman. Ce livre est censé mettre en lumière la vie de Peggy Roche (née en 1929) qui fut pendant plus de 20 ans l’amie intime de Françoise Sagan (née en 1935), ceci dans une grande discrétion. Ce court roman est surtout envahi par la présence de l’écrivain Sagan, une attachante personne avec un syndrome de Peter Pan,  très manipulatrice.

Je n’ai pas compris l’origine du titre du livre. Dans les phares ? Je cherche encore une signification.

C’est un livre, intéressant par les quelques lumières complémentaires apportées sur la vie de Sagan, mais qui est écrit de façon non chronologique, avec des allers et retours incessants dans les dates, ce qui est agaçant pour qui voudrait garder des informations claires.

Peggy Roche fut une égérie de la mode parisienne dans les années 70-80, comme mannequin et comme styliste; elle avait un chic inégalé pour porter une tenue « pantalon / chemisier » impeccable. Une mode indémodable utilisant des matières de premier choix. Peggy Roche a été mariée deux fois et la deuxième fois avec le charismatique Pierre Brasseur; elle n’a pas eu d’enfant mais s’est occupé activement du fils de Sagan. Il est dommage que ce livre dédié à une aussi belle femme ne comporte aucune image de Peggy Roche. C’est une erreur que je vais essayer de rattraper en vous fournissant au moins deux images. Voici la première prise le jour de son mariage avec Brasseur en 1961, alors âgée de 32 ans :Résultat de recherche d'images pour "peggy roche"

Elle a vécu dans une grande discrétion à côté de Sagan, qui n’était pas facile à vivre. Françoise Sagan connut la gloire tapageuse à un âge tendre (18 ans) avec son premier roman Bonjour tristesse. L’argent facile et la passion des bolides ont été à l’origine du terrible accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, avec par la suite une addiction aux drogues dures qui au début, étaient destinées à soulager ses douleurs.

Sagan a vécu toute sa vie à côté d’une réalité qu’elle ne voulait pas assumer. Elle agissait comme si l’argent poussait dans les arbres, et vivait largement au dessus de ses moyens. Beaucoup de gens ont profité de ses largesses. Peggy Roche a été un facteur d’ordre dans sa vie quotidienne, s’occupant des contingences matérielles que Sagan abhorrait.

Leur vie commune ne fut pas exempte de difficultés, comme au sein de chaque couple, mais leur amour fut plus fort que tout. Page 211 M-E Lacasse écrit une très joli page…(c’est Peggy qui parle) je ne sais pas toujours comment faire quand tu me déçois, quand tu me fais peur, quand je ne te reconnais plus, quand je me dis que tu es invivable, que l’on ne peut pas vivre avec toi, que tu es égoïste, indélicate, contradictoire, paresseuse, de mauvaise foi, incapable de reconnaître tes erreurs, de demander pardon, de faire un examen approfondi de ta conscience, de manière détachée, juste, dépassionnée et intelligente. Parfois nous sommes si loin l’une de l’autre que je ne sais plus ce qui nous lie, à part cette maison (rue du Cherche Midi) et les liens humains que nous avons installés tant je connais tes stratégies de fuite, ta rhétorique sophistiquée destinée à me dérouter

Résultat de recherche d'images pour "peggy roche"  …Pour nous aimer, Françoise, il nous a fallu monter un rempart contre le monde, dans un grand silence où règne un équilibre d’amour. Ce que je dissous dans l’alcool, la nuit et toi me donnent la pleine conscience d’une richesse qui m’était jusqu’alors inimaginable. Plus je me détache de l’enfance, plus je suis heureuse. Nous ne formerons jamais une famille, ni même un couple, nous ne travaillerons jamais comme la plupart des gens, nous traverserons la vie en nous faufilant, trouvant ailleurs notre orient. Nous nous entendons uniquement sur l’essentiel – c’est à dire sur ce que nous excluons…Je crois que la vie heureuse a commencé avec toi…

Ce livre rend hommage à cette femme de l’ombre, mais je redis qu’il y a surtout du texte sur Mme Sagan et peu sur elle qui restera sécrète jusqu’au bout.

Déjà j’avais lu des choses intéressantes sur la vie turbulente de Françoise Sagan dans Sagan à toute allure (2008)de Marie-Dominique Lelièvre que j’avais apprécié, livre assez complet et près d’une réalité somme toute assez morbide. Le film de Diane Kurys de 2008 aussi était remarquable avec dans le rôle, l’actrice Sylvie Testud époustouflante de mimétisme.

Ces deux livres son assez journalistiques, réunissant des faits concrets mais écrits sans vraiment de style littéraire, toutefois plaisants à lire.

PEGGY DANS LES PHARES, Flammarion 2017,  ISBN 208-137-4684

El desorden que dejas de Carlos Montero

Résultat de recherche d'images pour "carlos montero el desorden que dejas" Carlos Montero es un guionista y escritor gallego (Orense 1972). Con El desorden que dejas, su segunda novela, ha ganado el premio Primavera de novela 2016. Es su segunda novela después de Los tatuajes no se borran con láser de 2012.

Es una novela que se lee muy bien, es un thriller psicológico ambientado en una realidad española que rezuma cierta decadencia societal y bastante vulgaridad : la droga a todo nivel, la corrupción casi a todo nivel, la delicuescencia de la familia, la falta de respeto generalizada, la falta de motivaciones, los paros por millares, el empobrecimiento monetario y moral de toda una sociedad, el mal uso de los medias actuales (redes sociales) utilizados como herramientas del mal, sin ningún control. Y lo peor de todo es admitir que entre los alumnos hay verdaderos profesionales del mal (página 203). (Un fiasco moral que aqueja gran parte de la sociedad occidental). No es una obra literaria, sino un documento sociológico actual en un territorio determinado.

La protagonista es Raquel que llega a Novariz (nombre ficticio), en Galicia como profesora sustituta de castellano en un instituto. Está casada con Germán que es originario de este pueblo cerca de La Coruña y está en paro desde hace tiempo, quiere ser escritor, pero le falta la inspiración. Raquel llega en reemplazo de la antigua profesora de lengua que al parecer se ha suicidado. Y los alumnos empiezan a acosar a Raquel,  ella piensa que la quieren intimidar y que la antigua profesora no se ha suicidado, sino que ha sido asesinada. Poco a poco irá indagando y  aprendiendo que en el pueblo suceden cosas raras, muy raras.

El clímax de la novela irá creciendo y el final es bastante degenerado. Raquel maldice esta época en que se vive  y se vuelca toda intimidad en la red. Y aunque se diga que el concepto de intimidad debido a internet y a la tecnología ha mudado o se ha volatilizado; hasta que no se experimenta en carne propia no se es consciente de todo lo que eso implica. Se es culpable de compartir cada minuto, cada instante en la red. Y se es culpable de no resguardar de una manera más segura nuestra intimidad en el ordenador.

Les aseguro que después de leer esta novela, Ustedes serán más cuidadosos con lo que dejan escrito en el ordenador y con lo que difunden a través de las redes sociales.

EL DESORDEN QUE DEJAS, Espasa 2016,  ISBN 978-84-670-4726-4

Un safari arctique de Jørn Riel

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 Jørn Riel est un écrivain danois (Odense 1931) qui vécut 16 années au Groenland sur l’île d’Ella avec une mission scientifique. De ce séjour, il publiera une dizaine de tomes humoristiques sur l’Arctique. (Il est préférable de les lire dans l’ordre car les personnages sont introduits peu à peu et les aventures font allusion aux aventures précédentes). Il a été couronné en 2010 par le Prix de l’Académie Danoise.

Ce livre, Des racontars arctiques de la collection 10/18 est une compilation de 4 tomes comportant chacun plusieurs histoires assez courtes. Je lis les tomes séparément afin de ne pas mélanger les histoires.

J’ai déjà publié un billet en avril 2017 sur La Vierge froide et autres racontars (1974); voici mon billet du deuxième tome Un safari  Arctique de 1976.

Les mêmes personnages, des Bisonours du Groenland, reviennent dans les histoires, mais ils sont vus sous des angles différents; j’avoue que j’ai du mal à retenir toutes leurs particularités, mais cela ne gêne en rien la lecture qui est toujours aussi désopilante.

Cette fois ce sont 6 nouvelles.

Le bruant des neiges est une très jolie nouvelle qui explique un fait récurrent dans ces latitudes de l’extrême : la lente et progressive glissade vers une espèce de folie déclenchée par le manque de lumière (plusieurs mois!), la solitude, la monotonie, la dure nature environnante, etc. Nous avons le jeune Anton Pedersen fraîchement débarqué dans le cercle polaire avec un contrat de 2 ans comme chasseur,  muni de son diplôme de bachelier et la tête pleine de rêves de chasse sur la banquise. Quelques mois après, sa lente érosion psychologique était déjà visible…Il avait vite préparé ses valises pour le retour alors que le bateau n’arrive qu’une fois par an sur la banquise, mais il retrouvera la raison in extremis par l’entremise d’un petit bruant qui se montrera au début du printemps…

La balle perdue est désopilant et en même temps effrayant. C’est l’histoire arrivée au gars Sieverts: alors qu’il rentrait à la cabane de chasse, il se fit attaquer par un ours polaire affamé bien qu’à cette époque les ours sont censés hiberner. On nous explique à cette occasion que les ours polaires peuvent déroger à l’hibernation mûs par la faim et par la fonte de leur réserve de graisse. En tout cas, cet ours attaqua Sieverts pour de bon. Et la scène est d’une drôlerie et d’une tension dramatique, absolument fabuleuses…

Un petit détour est extra. On retrouve le lieutenant Hansen, le farfelu qui voulait former une milice de défense de la banquise et qui avait failli mourir congelé par ses gars en pure vengeance…Ici, il se met bille en tête de partir chasser quelques phoques dans le Fjord des Glaces et entraîne Valfred en lui promettant des bouteilles de gnôle à gogo pour se consoler de l’effort. Voila pas que nos deux gars seront emportés par une vague géante déclenchée par la chute d’un bloc de glacier et leur bateau se retrouvera coincé 10 mètres au dessus de l’eau sur un iceberg. Et comment ils survivent a plus d’un mois de dérive sur le dit iceberg jusqu’à ce qu’un bateau de passage les repère…Incroyable.

Ce qu’il advint d’Emma par la suite est le seul récit qui ne m’a pas plu et plutôt agacé. Ici on reprend l’histoire de La vierge froide du premier tome que pourtant j’avais bien apprécié : Emma est une créature féminine de rêve sortie de l’imaginaire de Mad Madsen, tellement réussie que tous les chasseurs voulaient la lui racheter afin de meubler leur onanisme forcé. Ici on reprend l’histoire après qu’Emma a fait le tour (vénal) de tous les chasseurs: on tombe sur un gars sans aucune imagination et qui ne se contente pas de l’avatar mais la veut, l’exige, en chair et en os et monte un pataquès d’enfer avec cette histoire…Je pense qu’il faut être un mâle pour comprendre une histoire pareille, franchement je la trouve un peu poussive dans le genre.

Un safari arctique est de loin mon histoire préférée. Voila qu’une vraie Lady Anglaise, âgée de 60 ans et sèche comme un coup de trique, arrive sur la banquise avec tout un barda inimaginable pour chasser la seule bestiole qui manque à son vaste palmarès : le boeuf musqué de l’arctique. Ici on apprend que le Capitaine Olsen du bateau de ravitaillement  « Vesle Mari », est un vrai filou. Il essaie de gruger les gars: il leur propose de les sous payer pour accompagner la Lady à la chasse afin d’empocher une partie de l’argent.  Après moult négociations et tergiversations, 16 gars partent avec la vieille et son barda chasser le boeuf musqué. Voici le descriptif du barda : (ça vaut son pesant de cacahouètes)…l’équipement de Lady Herta était l’équipement standard d’un safari sans prétention. Il consistait en une tente pour la nuit agrémentée d’une véranda couverte, une tente de bain qui pouvait contenir une baignoire pliable et un système de douche, des WC chimiques, une tente de cuisine, de la vaisselle et des couverts pour 18, trois tables, un lit de camp, trois chaises pliantes, ainsi que des provisions de bouche pour 14 jours. En plus, on trimbalait une caisse de 6 bouteilles de gin et une autre de 12 bouteilles de champagne Louis Rœderer. Côté équipement de chasse, on trouvait des fusils et des munitions pour exécuter tout gibier depuis le lemming jusqu’à l’ours, dans un rayon de 100 kilomètres, quatre machettes courbées, une chaise de chasse à un pied, un lasso, ainsi que 8 crécelles pour rabattre le gibier...(pas mal, hein?). L’expédition elle même est à mourir de rire, que dis-je à suffoquer de rire.

Le rat est aussi un très bon épisode quoique les âmes sensibles qui n’aiment pas les rats, doivent s’abstenir sous peine de faire des cauchemars. En tout cas, ici les gars vont se venger de cruelle manière du Capitaine Olsen, lequel en plus de filou, est un menteur.

(J’ai encore deux livres à lire. Je me régale d’avance).

UN SAFARI ARCTIQUE, 10/18  2012 (Éd. Gaïa 1994 et JR 1976), ISBN 978-2-264-05851-5