Une bête au paradis de Cécile Coulon

Résultat de recherche d'images pour "une bête au paradis cécile coulon" Cécile Coulon est une romancière, nouvelliste et poétesse française (Clermont Ferrand 1990).

Une bête au paradis (2019) est déjà son neuvième roman, couronné par le Prix Littéraire du Monde de la même année.

C’est un roman dans le milieu rural avec des personnages forts, très enracinés à leur terre et des histoires complexes, émouvantes, déchirantes, terribles.

La teneur de ce livre me fait penser aux livres de Franck Bouysse, même si je me garde de vouloir faire des comparaisons, ce qui serait désobligeant pour les écrivains; Bouysse est aussi très attaché au sol et aux gens qui le peuplent, il va chercher la noirceur de l’âme humaine là où elle est, bien ancrée dans des profondeurs  insondables. Mais il me semble que le style de Franck Bouysse est davantage lyrique.

Le style de Cécile Coulon m’a paru simple et direct et ses personnages plus définis par leurs actions que par leur personnalité. Elle sait opposer brillamment dans ce livre le monde rural fait de rudesse mais de droiture au monde de la ville, artificiel et dénué d’innocence, véritable miroir aux alouettes. Le livre est construit de chapitres courts (ce qui est agréable) avec un verbe à l’infinitif en accord avec le texte (« Dire », « Frapper », « Surgir », etc), ce qui rajoute de la tension à la lecture. Et apparemment de façon volontaire, l’écrivaine n’a pas voulu situer l’endroit afin de lui donner de l’universalité. Bien vu.

C’est l’histoire de Blanche et Gabriel  Émard, orphelins recueillis par leur grand mère Émilienne qui exploite seule sa ferme isolée appelée le Paradis; c’est une maitresse femme, forte et dure à la tâche, une vraie paysanne attachée viscéralement à sa terre. Les orphelins resteront très perturbés par le décès brutal des parents dans un accident de la route, tout près de la ferme, surtout Gabriel qui restera fragile, un peu autiste, difficile à atteindre.

La grand mère accueillera aussi dans sa ferme un autre jeune éclopé, Louis, maltraité par son père et qui sera l’homme à tout faire.

Au fil des années Blanche deviendra une belle jeune femme, aussi attachée à la ferme que son aïeule et connaitra au lycée, Alexandre, le beau mec du village, sans terres, vivant à l’étroit avec ses parents. Alexandre sera son seul homme, son amour et sa passion.

Mais Alexandre est un être ambitieux, retors, et il a d’autres projets dans sa tête, dont Blanche en fait partie, mais pas de la façon que l’on pense.

Ce huis clos devient vite étouffant et le lecteur sent venir un dénouement tout en force. C’est très fort, douloureux, cruel mais compréhensible justifiant que Blanche devienne la bête au Paradis.

On reste secouée après cette lecture, il faut un temps de récupération.

UNE BÊTE AU PARADIS, L’Iconoclaste 2019,  ISBN 978-2-37880-078-9

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