Vernon Subutex 1 de Virginie Despentes

Résultat de recherche d'images pour "virginie despentes vernon subutex" Virginie Despentes est une écrivaine et réalisatrice française (Nancy 1969), membre de l’Académie Goncourt depuis 2016.

Vernon Subutex est une trilogie, et ce billet concerne le premier tome seulement. La trilogie a reçu au moins 5 prix en 2015/2016: Prix Anaïs Nin, Prix Landerneau, Prix meilleur roman français Lire, Prix de la Coupole, etc. Une adaptation pour la TV est en cours pour Canal+ avec 9 épisodes de 30 minutes, réalisée par Cathy Verney et avec Romain Duris dans le rôle de Vernon.

C’est un livre qui m’a été chaleureusement prêté et recommandé par Christine, tout en me disant qu’elle avait les deux autres tomes à ma disposition si j’accrochais à cette lecture. Désolée Christine, je n’ai pas accroché et je ne lirai pas les deux autres tomes dont je saisis d’avance le style et la teneur.

Tout d’abord rendons grâce à l’écriture de Despentes, efficace, précise comme un scalpel, sans concessions, au vitriol. Un style travaillé pour accueillir l’oralité selon Alexis Brocas, ce qui est bien relevé. Mais c’est trop cru, très noir et par moments vulgaire.

Sobutex, Vernon de son prénom a été disquaire pendant 25 ans ! il en a 50, il incarne les illusions perdues, celles du monde anar et libertaire punk-rock des années 80-90. L’irruption du monde numérique le conduit à la faillite de son magasin « Revolver », apprécié par les pros du rock. Vernon se trouve littéralement à la rue car en tant que patron il n’a droit à aucune subvention. Seul son pote Alexandre Bleach va l’aider dans la mouise, lui payant quelques loyers d’avance, mais les huissiers seront là au jour J et Vernon sera SDF. Il fera appel via Internet et Facebook à cette myriade d’amis et relations pour qu’ils l’hébergent quelques jours tout en racontant des bobards pour que l’on ne s’apitoie pas trop sur lui. Ces séjours finiront toujours mal parce que le pauvre Vernon envahit le monde calfeutré de ses hôtes et tous le rejettent à un moment donné ou c’est lui qui part en courant. Pourtant Vernon sais se faire petit, aider dans le ménage, la cuisine, fournir de la compagnie et de l’empathie. Vernon ne cesse pas de dégringoler dans l’échelle sociale et cela devient chaque fois un peu plus glauque, un peu plus sordide, un peu plus trash. C’est un anti-héros parfait, un passif.

Ce livre fournit une galerie de personnages qui sortent comme des diables de leur boîte, des personnages assez médiocres qui carburent à la drogue, à l’alcool, au sexe avec violence, de la prostitution qui rôde, aux transsexuels très présents, aux journalistes et gens du milieu de la communication qui communiquent surtout via facebook, twiter, et autres gracieusetés inanes où il faut se sur-montrer, mais surtout ne pas montrer son âme.

C’est tout de même un monde particulier, assez décadent et frelaté, avec une perte des valeurs; c’est un milieu très parisien où les gens semblent errer dans le néant en dehors d’une certaine immédiateté fulgurante et terriblement vide, souvent transgressive.

Non, je n’ai pas aimé cette lecture même si certains traits des personnages sont très bien vus; c’est très cynique; c’est un roman sur une partie de la société française en déliquescence accélérée. Et tant pis si je vais à contre-courant. J’assume.

VERNON SUBUTEX, Le Livre de Poche N°34047, (VD 2015),  ISBN 978-2-253-08766-3

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