Mapuche de Caryl Férey

See original imageCaryl Férey est un écrivain et scénariste français (Caen 1967) spécialisé dans le polar,  plusieurs fois primé. Sa carrière littéraire a démarré en 1994 avec Un ange sur les yeux.

 Mapuche est le troisième polar que je lui lis et je reconnais bien « sa patte » (Condor et Zulu en avril 2016), faite d’une écriture hyper musclée, d’un contexte très violent et d’une vision toujours très noire des choses et des gens. Au moins cette fois dans Mapuche il ne met pas en action des enfants, mais des adultes bien vaccinés par la vie. Si je dois choisir, je pense que Mapuche est pour moi de loin le meilleur des trois livres car l’action y est trépidante, haletante, électrique. C’est un vrai thriller. En revanche les explications (bien nécessaires) sur le contexte argentin m’ont paru lourdes par moments. Ce livre reçut le Prix Landerneau du Polar 2012 et le Prix Ténébris 2013.

Le polar se situe quelques 30 ans après le putsch militaire du Général Videla de 1976. Ce coup d’état aurait fait quelque chose comme 30 000 disparus, avec une chasse effrénée aux « subversifs » ,  suivie d’emprisonnements et  de tortures; à ceci s’ajoute le vol d’enfants aux femmes emprisonnées, enfants qu’on a donnés en adoption à des familles en mal d’enfants, chez les militaires ou les affiliés. Trente ans après les faits, des femmes réclament toujours leurs disparus.

Parmi ces femmes il y a Elena Calderón qui a perdu son mari et sa fille adolescente;  elle a conservé son fils Rubén Calderón qui a survécu  malgré des sévices graves. Il n’est pas mort et il est devenu détective et s’est juré de retrouver la trace de disparus. Peu à peu la trame du livre va s’enrichir avec d’autres faits et va devenir un western moderne où aucune atrocité ne sera épargnée aux victimes;  les militaires déjouent la jurisprudence et se croient inattaquables. Le téméraire Rubén Calderón fera la connaissance de  Jana, une jeune femme mapuche (indienne autochtone) qui canalise tout le mépris des non-indiens pour ceux qui ont la peau plus foncée.

Les mapuches dans l’esprit de Férey sont une ethnie fantôme qui renvoie aux fantômes des disparus de la dictature argentine. Rubén et Jana sont deux naufragés de la vie, ils devront se reconstruire dans la souffrance.

J’ai relevé un détail anachronique dans le récit. A plusieurs reprises Férey fait état d’argentins se régalant avec du pisco-sour, un apéro sud-américain absolument délicieux mais qui n’est pas argentin, il est chilien ou péruvien. Peut-être que du côté de Puerto Gallegos vers le sud et en raison de la proximité avec la frontière chilienne les gens  boivent le divin breuvage, mais ce n’est pas du tout dans les mœurs argentines.

MAPUCHE, Série Noire Gallimard 2012,  ISBN 978-2-07-013076-4

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