Le semeur d’alphabets de Jean Anglade

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Jean Anglade est un écrivain français (Puy de Dôme 1915), très prolifique (une centaine de publications !), avec plusieurs casquettes: romancier, biographe, historien, essayiste, humoriste, traducteur de l’italien, poète et scénariste.
On le connait comme « le Pagnol auvergnat » et aussi comme « le patriarche des lettres auvergnates »; c’est une référence littéraire en Auvergne, comme Alexandre Vialatte, Henri Pourrat, Lucien Gachon, Aimé Coulaudon, Marie-Aimée Méraville, Jean-Émile Bénech et Pierre Moussaire.

Sa littérature est une littérature de terroir, avec des romans savoureux et hauts en couleur, faits d’un mélange d’humour et de bon sens paysan, de malice et de franchise crue; en fait, ses livres sont de véritables documentaires sur l’Auvergne bien que le romancier dise « ma véritable région, ce n’est pas l’Auvergne, c’est l’Homme ».

En mars 2015 j’ai commenté ici ma découverte de Jean Anglade dans le cadre de « Masse Critique » de Babelio, c’était son roman de terroir « Le tour du doigt« (1977). J’ai beaucoup aimé. Ensuite j’ai commenté  en septembre 2015 Le sculpteur de nuages (2013) que j’ai aimé modérément car je l’ai trouvé moins intéressant.

Le Semeur d’alphabets (2007) fut aussi une lecture mitigée; j’ai trouvé que le roman avait un côté assez naïf pour la partie qui se passe au Congo, même si les anecdotes sont savoureuses. Quant à la partie auvergnate, elle est toujours haute en couleur, riche en patois et en connaissances attenantes à l’Auvergne.

C’est l’histoire de Romain Fougères, qui sera élevé par sa grand mère Léonie, une Chassaignasse redoutable qui avait la fonction de sacristine à la paroisse, une femme courageuse et travailleuse qui avait du mal à joindre les deux bouts; Romain va rentrer dans le métier de l’imprimerie à l’âge de 14 ans  par le biais de son père qu’y travaillait aussi. Il apprendra tous les rouages du métier et deviendra un ouvrier hautement compétent. Ceci nous vaudra de connaitre tout un vocabulaire attenant à l’imprimerie. Il fera un mariage d’amour avec la fille du boucher, Jocelyne Sibelle, étudiante en Sup de Co. Jocelyne lui donnera 2 filles, Lucile dite « l’institutrice » et Valentine appelée « la cuisinière ».

Il est question d’Alexandre Vialatte dans cette histoire, qui travaille dans le même journal que Romain, présenté vers 1955 comme un écrivain de génie mais aussi comme un doux dingue et qui deviendra un ami de Romain. Voici sa description : sa figure était sérieuse, belle, les traits un peu tirés, elle révélait un âge et une intelligence retenus. De taille moyenne, ennoblie par un chapeau de coutil relevé sur la nuque, il marchait droit, d’un pas tranquille, s’arrêtait parfois pour contempler un pavé ou un pigeon. Son rire quasi muet lui secouait les épaules. Pour lire, il portait des lunettes aux verres immenses comme des hublots. Sa main était chaude, ses doigts puissants, tels ceux des charpentiers. Il noircissait ses feuilles au porte-plume. Son écriture était longue et penchée, presque anglaise, et remplie de majuscules. Quoique d’origine auvergnate, il habitait sur les rives de la Seine, ce qui lui permettait de donner aux lecteurs « montagnards » des nouvelles auvergnates. Avant de collaborer à notre journal, il s’était fait connaître dans Marie Claire, Paris Match, Opéra. Certains de nos lecteurs détestaient ses chroniques auxquelles ils ne comprenaient pas grand chose. D’autres les adoraient.

Lorsque Romain sera à la retraite on lui proposera de partir en mission bénévole en République Populaire du Congo pour installer une imprimerie typo-offset, exactement à N’Kayi, une ville de 40 000 habitants. C’est ainsi qu’il s’auto dénommera « le semeur d’alphabets ». Curieusement ce voyage durera deux années pendant lesquelles il sera séparé de sa femme qui avait opté de rester en Auvergne pour s’occuper de ses petits enfants. Romain restera deux années au Congo où il sera plusieurs fois malade et échappera à la terrible onchocercose ( maladie parasitaire très grave). Après le succès de la mission africaine, Romain se verra confier une autre mission humanitaire en Roumanie avec d’autres aventures en perspective, mais cette fois avec sa femme Jocelyne.

Le livre n’a pas réussi à me passionner comme si l’auteur nous narrait des bribes éparses qu’il essayait de coller en patchwork en se voulant attirant.

LE SEMEUR D’ALPHABETS, Pocket 13608 (Presses de la Cité 2007),  ISBN 978-2-266-18121-4

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