Les rêves sont faits pour ça de Cynthia Swanson

Afficher l'image d'origineCynthia Swanson est une écrivaine nord-américaine (née à Milwakee, Wisconsin) connue pour des courtes publications dans des revues et qui est designer spécialisée dans le style des années 60. Les rêves sont faits pour ça (The bookseller, 2015) est son premier roman qui a connu un certain succès outre Atlantique du fait notamment qu’elle décrit bien la ville de Denver où a lieu la trame. Le titre donné en français me paraît fade, bien à l’image du roman. C’est de la chick lit.

C’est un livre que j’ai apprécié moyennement. La spécialisation de Mme Swanson dans le style des années 60 a fait que elle a inondé son roman de clichés vestimentaires, décoratifs, littéraires, les voitures et musicaux correspondants à ces années là. Toutes les trentenaires voulaient ressembler à la mythique Jacqueline Bouvier-Kennedy ! Il se trouve que dans ces années là les femmes se retrouvaient devant un choix sociétal difficile et fondamental. Il fallait choisir entre deux situations : l’indépendance avec carrière réussie ou la maternité entourée d’un certain romantisme. D’aucunes se posaient, avec bravoure, la question de savoir si elles pouvaient réussir les deux situations à la fois. Pourquoi pas?

Il y a deux strates dans ce roman, un fictif et l’autre « rêvé » et une héroïne dans chaque décor : Kitty et Katharyn. Kitty représente la femme indépendante mais seule et Katharyn la femme ayant fait un beau mariage, vivant dans l’aisance mais assujettie à des devoirs pesants puisqu’elle est mère de triplets (elle est allée fort l’écrivaine!) dont un des garçons est autiste; elle fait difficilement face à la situation. Or la théorie ambiante dans ces années là sur l’autisme et aux USA consistait à culpabiliser la mère en disant que l’autisme de l’enfant venait d’une attitude froide et distante de la mère. Il y avait de quoi sombrer dans la dépression pour ces pauvres femmes enfermées avec un enfant autiste à la maison ! hein ?

Dans le roman nous basculons entre le monde réel de Kitty (?) et le monde fictif de Katharyn. Lequel est le « vrai », l’écrivaine en arrive à décontenancer la lectrice, mais ces allers-retours sont tout de même agaçants. Il est clair que les deux ambiances ont de bons et de mauvais côtés. Tout n’est pas rose ni noir. La thèse de l’écrivaine est peut-être de nous dire que quel que soit le choix que nous ferons, rien n’est gagné d’avance, rien n’est facile, tout choix comporte des risques.

Certaines ont fait le rapprochement de ce livre avec le film de Peter Howitt de 1998 Pile et Face (Sliding Doors) avec Gwyneth Paltrow où deux vies auraient pu être vécues. Ce n’est pas le cas ici.

Lecture dans le cadre de Masse Critique. Un grand merci à Babelio et aux Éditions Mosaïc pour l’expérience.

LES RÊVES, Mosaïc 2016,  ISBN 978-22803-4286-5

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s