Les sirènes de minuit de Jean-François Coatmeur

Afficher l'image d'origineJean-François Coatmeur est un romancier français (Pouldavid-sur-Mer 1925) ayant publié de nombreux livres depuis 1963, essentiellement des romans noirs se passant en Bretagne. Monsieur Coatmeur a exercé longtemps le métier de Professeur de Lettres classiques.

Les sirènes de minuit est un roman de 1976 qui obtint le Grand Prix de Littérature policière  cette année là et qui fut adapté au cinéma en 1989 par Philippe Lefebvre avec,  dans le rôle de Jef Chabert, l’acteur Philippe Léotard.

Jef Chabert est un ancien flic à la dérive, séparé de sa femme, plus ou moins alcoolique et toujours fauché. C’est un loser au coeur tendre et au caractère droit. Il sera embarqué dans une affaire bien pourrie.

C’est un excellent polar qui se passe à Brest avec deux axes bien distincts : une enquête policière après l’assassinat d’un ménage de notables brestois et un fond de politique-fiction puisque nous sommes en France entre 1980-1990 avec un dictateur fasciste nommé le général Chopinet (un bel anagramme d’un autre dictateur bien réel, le général Pinochet). La ville de Brest qui est un port important, est décrite avec luxe de détails et par moments de façon assez lyrique. Les personnages  sont  très bien campés, comme le Maire de Brest, le vilain Hamel, ou le gros commissaire Bodart. ou Rault un autre commissaire, un peu précieux et tellement élégant.  Dans cette dictature fasciste il existe de vraies brutes sadiques de service et l’étranger est par définition soupçonné en premier, et dans la France de 1980, l’étranger vilipendé était un brave portugais séparé de sa famille (pas de regroupement familial à l’époque) à la recherche de n’importe quel emploi précaire. On peut appréhender l’évolution du problème 40 années après: la donne à bien changé et ce polar a un fort relent de prémonition…

Le titre du livre émane du fait que le roman se termine sur les fêtes de fin d’année et que sur la rade de Brest il est de coutume que les bateaux mouillés fassent hurler les sirènes dans la nuit du 31 décembre.

La fin du polar est surprenante, bravo Monsieur Coatmeur. Outre le fait que c’est bien écrit, ce polar m’a plu par un trait de plume qui me fait penser à Pierre Lemaître : les phrases bien cinglantes et la description parfois très drôle des personnages. Un grand pointillisme dans le descriptif, un pur régal.

Merci aux amis Catherine et Jean-Philippe de m’avoir signalé cet auteur. Bientôt j’entamerai la lecture de Ballet noir du même auteur.

LES SIRÈNES DE MINUIT, Albin Michel 1976,  ISBN2-226-15075-7

2 réflexions sur “Les sirènes de minuit de Jean-François Coatmeur

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