La constance du jardinier de John Le Carré

Afficher l'image d'origineJohn Le Carré est le nom de plume de l’écrivain britannique John Moore Cornwell (Poole 1931). John Le Carré a fait partie du Foreign Office pendant trois ans où il fut recruté par le MI6. Il est devenu très connu à partir de son troisième roman, L’espion qui venait du froid (1963) qui fut un best-seller international.

Ses romans d’espionnage se déroulent dans le contexte de la Guerre froide et ses héros sont à l’opposé d’un Agent 007, c’est à dire ce sont des héros plus complexes mais surtout plus discrets.

La constance du jardinier (The Constant Gardener, 2001) est un peu à part dans la thématique de l’auteur. Ce livre a été interdit au Kenya par peur des émeutes dans un climat de corruption, car le livre est un plaidoyer pour la cause africaine et contre le profit exorbitant des firmes pharmaceutiques.

John Le Carré a préfacé le livre de la journaliste canadienne Sonia Shah, Cobayes Humains, livre qui dévoile les conditions de certains essais cliniques dans le tiers-monde là où les firmes pharmaceutiques sont moins contrôlées faute de législations adéquates et où la cupidité des élites corrompues n’a pas de frein.

Le sujet de ce livre est intéressant et très porteur. J’avais lu sur ce thème dans le livre Le cerveau de Kennedy, un livre du suédois Henning Mankell qui se passe aussi en Afrique;  et aussi dans Ordinary Thunderstorms du britannique William Boyd, un thriller palpitant qui se passe à Londres autour d’essais cliniques truqués…

Un film a été tourné d’après The constant Gardener au Kenya en 2005-2006 par Fernando Meirelles avec Ralph Fiennes dans le rôle de Justin Quayle et Rachel Weisz dans le rôle de son épouse, un rôle qui valut un Oscar à Rachel Weisz et quelques 9 autres Prix…un succès colossal ! J’ai très envie de voir ce film car toutes les critiques que j’ai lu sont positives. Le film a été interdit au Kenya par peur des émeutes sur fond de régime corrompu.

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Je suis partagée après la lecture du livre. Autant le sujet me semblait intéressant,  autant je n’ai pas aimé l’écriture faite de constants flash-backs qui  déstabilisaient ma lecture. En revanche, j’ai apprécié l’humour moqueuse de l’écrivain vis-à-vis de ses compatriotes du Foreign Office, des expatriés qui se comportent comme des satrapes oisifs fortement alcoolisés ayant des femmes prêtes à tout pour survivre dans des huis clos étouffants et ennuyeux. La description de ce microcosme est assez pertinente, un mélange de drôlerie acide et de cynisme.

La constance du jardinier se déroule à Nairobi où Justin Quayle travaille au sein du haut commissariat britannique. Son emploi est cool ce que lui permet de s’adonner avec passion et virtuosité au jardinage; ceci explique le titre du livre, car la constance du jardinier, c’est Justin, constant quant à la foi qu’il a dans son épouse. Justin a épousé une avocate, une femme beaucoup plus jeune que lui et qui va se consacrer corps et âme à la cause africaine. Leur couple est très solide même si les apparences sont trompeuses, car Tessa a découvert des magouilles majeures autour d’ un nouveau anti-tuberculeux testé au Kenya, le Dypraxa, à l’origine de morts et de complications graves, complètement camouflées par les autorités. Les enjeux économiques sont tellement énormes, que les personnes et les  gouvernements impliqués peuvent aller jusqu’à adultérer les faits et recourir à des procédures criminelles.

Sandy Woodrow est un collègue de Justin,  il parle : Enfin, merde ! Ce n’est pas le boulot du Foreign Office d’évaluer la sécurité des médicaments de synthèse ! Il est censé graisser les rouages de l’industrie britannique implantée en Afrique, pas aller raconter partout qu’une compagnie britannique implantée en Afrique empoisonne ses clients. Vous connaissez la règle du jeu. On n’est pas payé pour faire du sentiment. Et ces gens qu’on tue seraient morts de toute façon. regardez donc le taux de mortalité qu’ils ont, ici – non que ça intéresse grand monde, d’ailleurs.

Tessa, la femme de Justin parle à Sandy Woodrow : tous les ans la presse de Nairobi publie le même palmarès de la honte, et tous les ans ce sont les mêmes politiciens kenyans qui y figurent. Aucun n’est viré, aucun n’est traîné en justice, mais ça ne vous gêne pas, hein? Vous êtes un homme de statu quo. C’est votre choix.

Justin Quayle est le falot mari de Tessa, mais à la mort de celle-ci, il reprendra le flambeau afin de faire éclater la vérité. Ce petit monde est composé de personnages assez caricaturaux comme celui de Sandy Woodrow le diplomate-menteur (un euphémisme !) ou celui de Tim Donohue, le flic-ripou.

Un roman qui dénonce les trafics de médicaments orchestrés par l’industrie pharmaceutique, prête à tout pour engranger un maximum de profits, même  au détriment de vies humaines.

LA CONSTANCE DU JARDINIER, Seuil 2001,  ISBN 2-02-049575-9

Une réflexion sur “La constance du jardinier de John Le Carré

  1. J ai beaucoup aime ce roman « documentaire » bouleversant.
    Le film tire de cet ouvrage , toujours dans les flash back, donne son relief aux personnages et a l histoire.
    Atypique vraiment ce roman de Le Carre, mais le sujet n est finalement pas si loin des themes de ses autres romans!!!!!

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