Carnaval de Ray Celestin

Afficher l'image d'origineRay Celestin est un écrivain Anglais et très peu d’informations sont disponibles sur lui, à part qu’il est britannique et qu’il vit à Londres aujourd’hui. On lui donne une quarantaine d’années. Il a étudié l’art et les langues asiatiques avant de devenir scénariste pour la télévision. Carnaval (The Axeman’s Jazz, 2014) est sa première incursion dans le monde du polar. Un coup de maître, puisqu’il remporte le prix John Creasey, qui récompense un premier roman, remis par la Crime Watchers Association.

Carnaval est un roman basé sur des faits réels, l’histoire d’un serial killer qui sévit à La Nouvelle-Orléans entre 1918-1919 avec douze assassinats à son actif, un cas criminel qui ne fut pas élucidé. Et la principale inspiration pour Ray Celestin a été la ville de La Nouvelle-Orléans qui a donné naissance au jazz; aussi, il voulait écrire l’histoire d’un serial killer et il paraît que c’est sur Internet qu’il a trouvé ce cas.

Carnaval est un thriller assez réussi, d’autant plus réussi que c’est un premier roman. De plus, ce livre a une puissance narrative très réaliste avec un « beat » endiablé dans le tempo de l’écriture, c’est déjà un bon script pour le cinéma. Le livre suinte le jazz dans toutes les pages, ça swingue en permanence. Aussi , ce polar est original parce que l’enquête n’est pas menée par un seul , mais trois enquêteurs qui vont travailler séparément…

Ray Celestin a trouvé que la ville de La Nouvelle-Orléans était fascinante à cette époque avec la naissance du jazz, les débuts de la mafia sicilienne, la mise en place de la période connue comme  « la prohibition »,  la fin de la Première Guerre Mondiale et ces douze cas  d’assassinats non résolus. Il a eu l’idée d’inclure Louis Armstrong qui, a 18 ans, résidait dans la ville et était forcément au courant de l’affaire des meurtres. Une ville qui croule sous les surnoms…The Big Easy ou la ville où tout est facile …le Paris du Mississippi…la ville moins américaine d’Amérique…la ville en forme de croissant. Pour quoi tant de surnoms ? Parce que construite sur des marecages, deux mètres en dessous du niveau de la mer, coincée entre un fleuve et un lac. La Nouvelle-Orléans est à la fois un miracle et la preuve de la ténacité de l’homme. C’est comme cela qu’elle a gagné des surnoms. La Nouvelle-Orléans était considérée par le reste de l’Amérique comme un lieu exotique, une enclave étrangère, cachée au coeur du Sud profond. C’est une ville qui ressemblait plus aux ports moites et ténébreux des Caraïbes qu’aux cités puritaines du Nord. Ils ont été toujours différents depuis le jour où des trappeurs français venus s’installer là bas ont décidé, en dépit des conseils de leurs guides indiens, de construire une ville dans les marais.

Des assassinats atroces vont se produire car commis à la hache et très préparés, ils suivent un rituel. Malgré tout le soin des enquêteurs, l’assassin échappe à chaque fois.

Qui sont ces enquêteurs? D’abord la Police dans la personne du détective Michael Talbot, un homme qui cache un énorme secret dans sa vie privée, un homme qui côtoie des ripoux dans son métier et qui traîne quelques casseroles; Ida une jeune et jolie octavone qui voudrait tellement travailler comme détective mais qui pour le moment travaille comme secrétaire au sein de la succursale Pinkerton de La Nouvelle-Orléans, avec un chef, Lefebvre, imbibé d’alcool en permanence; elle  va  entraîner dans ses recherches son ami Louis Amstrong et ils vont prendre des risques insensés; et Luca un ancien policier ripou, sicilien, qui fut dénoncé autrefois par Talbot et qui, après avoir purgé des années de détention, revient à La Nouvelle-Orléans et se fait engager par la mafia sicilienne pour élucider le cas parce que des italiens font partie des macchabées.

Ce qui est très intéressant dans ce roman, ce sont les ramifications incroyables entre la Police, la Mafia, la prostitution et la drogue. A la différence d’autres mafias Américaines, comme celle de Chicago ou de New York, à La Nouvelle-Orléans les mafieux ne s’entre-tuent pas parce que toutes les familles émanent du même village en Sicile. Ce qui est très bien dépeint aussi, c’est la vie à La Nouvelle-Orléans en 1919 avec toute cette faune qui traîne, ces gens dans la misère, la ségrégation raciale sévère et pour couronner le tout, une nature terrifiante autour de La Nouvelle-Orléans avec les cyclones, les orages monstrueux et les crues de la rivière Mississippi; et tout ceci baignant dans la musique car rien ne pouvait avoir lieu sans musique à La Nouvelle-Orléans. D’ailleurs, le titre en anglais du roman The Mysterious Axeman’s Jazz c’est du Ragtime composé en 1919 par John Davilla que vous pouvez écouter ci-après (2min44 de pur swing) sans oublier une pensée affectueuse pour Rachel D. qui m’a offert ce livre et à qui je dédie ce billet:

 

CARNAVAL, Cherche Midi 2015,  ISBN 978-2-7491-4195-4

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