La vengeance du Wombat de Kenneth Cook

Afficher l'image d'origine
Kenneth Cook était un journaliste, écrivain, scénariste et réalisateur australien (1929-1987). Ses nouvelles sont d’une veine humoristique, très pince sans rire,  dans le style de PG Wodehouse et elles ont connu un réel succès.

La vengeance du wombat (Wombat Revenge, 1988) ce sont 14 nouvelles d’une totale drôlerie; des aventures farfelues dans le bush australien menées par un journaliste qui donne dans l’auto-dérision ( bush australien, terme anglo-saxon pour désigner quelque 800 000 km carrés de brousse, divisés en deux écorégions). Ces nouvelles commencent presque toujours par une phrase sentencieuse du genre « n’essayez jamais d’aider un kangourou« , puis le narrateur finit toujours dans un bar où il fera la connaissance d’un farfelu qui va l’embarquer dans une catastrophe annoncée. Il paraît qu’il ne faut pas lire ses recueils de nouvelles  les uns après les autres, car les blagues sont presque toujours les mêmes .

De cette lecture ressort que l’Australie est un vaste continent avec des régions très marquées et différentes, avec une faune tellement variée et effrayante que le Wild West Américain à l’air d’être les Champs Elysées pour la promenade. Cela m’enlève quelque peu l’envie d’aller faire du tourisme en Australie.

D’abord, j’ignorais ce qu’était un WOMBAT, ben, c’est un raton marsupial qui peut faire entre 15 et 40 kilos !

Les wombats sont les protagonistes du premier récit et c’est à mourir de rire. Ce premier récit nous vaut la description du narrateur sans concessions : …je dois préciser à ce stade que je suis légèrement en surpoids, que je n’ai jamais été très sportif et que, de plus, je n’étais pas dans une forme olympique. Pour tout dire, je suis un gros lard chronique … Et le narrateur des nouvelles ne veut surtout pas ébruiter le fait qu’il est écrivain car dans ces coins perdus, ils le soûlent tous avec les histoires assommantes de leurs vies, et ils l’autorisent à les utiliser en échange d’un modeste pourcentage sur les droits d’auteur. Dans ces cas, le narrateur se déclare chercheur de fossiles, une activité futile qui indique que vous n’êtes pas compétitif et ne valez pas le coup d’être dévalisé.

Dans ce continent où la temperature peut grimper jusqu’à 50 degrés Celsius, les hommes boivent sec. Presque toutes les nouvelles se passent dans un saloon lorsque les mecs ne sont pas dans le bush (aucune héroïne féminine dans le livre) et ça boit sec,  une dizaine de bières  le matin…(je reconnus l’ébauche des disputes débiles qui surviennent dans les pubs de l’Ouest sur le coup de midi, après les dix premières bières de la journée…). Dans l’ouest de la Nouvelle-Galles du Sud, l’abus d’alcool justifie tout ce qui se passe car tout le monde s’y cuite, en permanence. Il n’y a aucune autre activité. La Nouvelle-Galles du Sud a le côté ouest exclusivement constitué de pourpiers, de sable, de rocailles, de chaleur et de détresse – sauf en hiver, où il est exclusivement constitué de pourpiers, de sable, de rocailles, de froid et de détresse. Sauf aussi quand il pleut, ce qui arrive à peu près tous les dix ans. Il ne reste alors plus que l’eau et la détresse. Quand le narrateur rencontre Murphy, un rassembleur de cochons sauvages, il le rencontre au bar d’un des pubs cafardeux de Wilcannia en sirotant une bière avec la concentration soutenue et le manque de joie absolu qui caractérisent le buveur de l’outback. Il faisait partie d’un groupe de six ou sept hommes qui affichaient la même expression vide, morne, sur des visages d’une propreté douteuse.

Il y a quelques belles descriptions d’une nature luxuriante, par exemple en Australie-Méridionale : je m’assis dans l’herbe et regardai autour de moi. Cygnes, pélicans et canards flottaient sereinement sur le large flot brun-vert. Les grands eucalyptus rouges, au moins centenaires, écartaient leurs branches dans des poses ostentatoires. Les libellules fusaient en tous sens et les hirondelles poursuivaient leur chasse interminable aux insectes invisibles en de longues boucles périlleuses. Voici une description des marais Macquarie, à quelque cinq cents kilomètres à l’ouest de Sydney : …nous longions les marais. Le soleil vaporisait des extraits de ciel doré par l’aurore avec un effet des plus dramatiques. De charmants oiseaux aquatiques d’une diversité époustouflante voletaient à notre approche et un superbe cygne noir flottait avec orgueil sur l’eau vert doré des marais…

Lecture-détente à l’Indiana Jones, pleine de spontanéité et d’enseignements sur cette lointaine partie du monde riche en faune assez terrifiante, somme toute. Grand merci à toi, Catherine S. pour ce superbe cadeau de lecture.

Afficher l'image d'origine

LA VENGEANCE DU WOMBAT, Livre de Poche 34420, 2015,  ISBN 978-2-253-16179-0

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s