Le voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy

Afficher l'image d'origineMiguel Bonnefoy est un écrivain vénézuélien né à Paris en 1988. Il a suivi des études de Lettres Modernes à la Sorbonne et il exerce comme professeur de français. Il est fils de père chilien (écrivain aussi) et de mère vénézuélienne (diplomate).

Le voyage d’Octavio est son deuxième livre, c’est un roman d’apprentissage écrit en français et qui nous raconte la vie d’Octavio, un homme illettré qui souffre et cache son handicap, à tel point, que chaque fois qu’il se retrouve devant la nécessité d’écrire, il s’auto mutile en se coupant la main pour ainsi prouver son impossibilité de prendre la plume. C’est un récit très allégorique, très métaphorique sur ce vaste et mal connu pays qu’est le Vénézuela. A noter que Bonnefoy, bien que proclamant son admiration envers Gabriel Garcia Marquez, ne tombe jamais dans le panier du réalisme magique si souvent attribué aux sud-américains. Son récit est empreint de réalisme.

Les errances d’Octavio nous servent à connaitre un peu le pays et ses gens. Octavio fera la connaissance d’une femme, appelée métaphoriquement Vénézuela, une femme qui est bonne, qui lui fait du bien. Mais il connait d’autres gens qui sont nettement plus louches et underground. La description de la nature et des paysages est assez exubérante ce qui doit correspondre à ce pays que les sud-américains appellent « caribeño » (des Caraïbes). Cela me rappelle que l’on parle là bas un espagnol à l’accent très prononcé et particulier des Caraïbes.

Il y a dans le livre une scène d’une totale drôlerie : c’est quand Octavio, très malade, fait venir le docteur dans sa cahute, lequel docteur lui demande du papier pour lui écrire une ordonnance. Or Octavio non seulement  n’a pas de papier, mais il n’a aucun crayon (et le docteur non plus apparemment,  quel docteur  celui-là…). Bref, Octavio lui donne un morceau de charbon et le docteur lui écrit directement sur son unique table le nom du médicament… Voilà Octavio parti, par monts et par vaux avec sa table sur l’échine jusqu’à la première pharmacie pour ainsi honorer l’ordonnance. C’est le comique de l’absurde, irrésistible.

Un petit livre de 124 pages, assez bien écrit dans un style un peu désuet, qui m’a rappelé par moments la prose de l’argentin César Aira.

LE VOYAGE D’OCTAVIO, Payot -Rivages 2015 (il n’y a pas d’ISBN)

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