Robe de marié de Pierre Lemaître

Pierre Lemaître est un scénariste et romancier français (Paris 1951) ayant une formation de psychologue et qui connait un grand succès depuis le Prix Goncourt  2013 avec son roman picaresque Au revoir là haut. Ses livres sont en cours de traduction dans plus de trente langues ! Ses polars ont reçu au moins huit prix . Il vit de sa plume depuis 2006.

J’ai fait connaissance avec son écriture avec le Goncourt 2013, que j’ai écouté en audio-livre en conduisant sur un long trajet (plus de 16 heures d’écoute !), deux CDs lus par Pierre Lemaître lui même; il possède une voix très agréable, chaude et avec une diction impeccable.  Et j’ai été séduite par son maniement de la langue française, rendue savoureuse et très vivante, avec un sens de la formule qui fait mouche. Je ne vous cite qu’une seule phrase parmi tant d’autres: « vue de face elle était banale, vue de « dot », elle était intéressante ».  J’ai tellement apprécié que j’ai acheté  le livre qui attend sagement lecture sur l’étagère.

Parmi ses polars j’ai lu Alex (2011) que j’ai bien aimé, avec un billet publié en juillet dernier ; du coup j’ai eu envie de lire tous ses polars, tous sans exception. Voici un deuxième Robe de marié de 2009, un titre qui m’interpellait par l’accord inhabituel de marié au masculin. Mais c’est bien comme cela et il vous faudra attendre la fin du thriller pour en connaitre les raisons.

Au début de cette lecture je ronchonnais…hummmm, pas un bon Lemaître… hummmm, puis, arrivée au deuxième chapitre…je compris ma médiocre méprise et je n’ai eu de cesse que de le terminer, même aux prises d’une tachycardie par excès d’adrénaline. Mes aïeux !, quel thriller, palpitant, ma-chia-vé-li-que, diabolique, bien emmanché, surprenant, atroce et avec une fin super intelligente.

C’est l’histoire d’une manipulation étudiée dans le détail, imparable, méchante, désespérante. Il n’y a rien à faire sinon attendre le bon vouloir de Lemaître pour nous livrer les clés de cette histoire. J’ai trouvé une similitude de début avec Alex, c’est une histoire qui commence aussi de façon latérale et non frontale; je ne sais pas encore si cela correspond à « la patte » de Lemaître, c’est à dire si l’on retrouve à chaque fois un démarrage  comme celui-ci ou si c’est le pur hasard. Il y a des thèmes récurrents aussi, la substitution d’identité par exemple, thème manié avec maestria dans les deux polars. Les études de Psychologie menées par Lemaître lui servent à donner du caractère à ses personnages.

Je disais dans un autre billet que j’aimais le maniement de la langue française par Lemaître, ses tournures de phrases parfois si originales. Cela m’a paru moins flagrant dans ce livre, mais j’en ai trouvé. Par exemple page 98:…Sophie a répondu cela parce que quelle que soit la question, c’est la bonne réponse. René fait : « Ah » Mais c’est un culbuto cet homme- là. Il retombe toujours sur ses bases. Ou page 158 : Que n’a-t-elle pas choisi un bon psychiatre ? Quelqu’un qui peut vous rendre dingue beaucoup plus sûrement que n’importe qui d’autre.

Cette fois Pierre Lemaître fait dans la méta-littérature et nous cite des auteurs probablement appréciés par lui même; les voici : Portrait de femmes de Citati, Vie et Destin de Vassili Grossman (un pavé) et Dernières nouvelles du bourbier d’Ikonnikov. Belle brochette et variée.

Un très bon thriller. Haletant. Hautement recommandable.

ROBE DE MARIÉ, Livre de Poche 31638, 2014 (Calmann-Lévy 2009),  ISBN 978-2-253-12060-5

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