L’orthographe: 99 trucs pour en rire et la retenir de Bernard Fripiat

 

Bernard Fripiat est un expert en orthographe belge, agrégé d’histoire, chroniqueur radio, écrivain et auteur de comédies pour le théâtre et de très nombreux ouvrages sur le thème de l’orthographe. Il exerce comme coach en orthographe en animant des stages  selon sa méthode, mise au point en 1988, méthode  qui a reçu un prix en 1991.

C’est en l’écoutant sur le programme de radio « Les Experts » sur France Bleu 107.1 que j’ai eu très envie de lire son dernier ouvrage « Au commencement était le verbe, ensuite vint l’orthographe! », livre que j’ai commenté dans ce blog en mai 2015.

 J’ai acheté en même temps « L’orthographe 99 trucs pour en rire et la retenir !«  Oui,  l’idée de revoir l’orthographe de manière si décontractée m’a semblé alléchante. J’adore l’orthographe, elle m’amuse beaucoup, surtout le côté challenge .

Je suis  déçue par cette lecture qui ne m’a même pas fait rigoler ne serait-ce qu’un peu. Ne parlons pas des sketches sur l’orthographe visibles sur YouTube qui m’ont déplu (Orthogaffe.com). En revanche, j’ai adoré les petites dictées cruelles en fin de chapitre qui sont un résumé de toute la complexité de la langue française, un ramassis d’exceptions en tout genre, des accords mortifères, des racines grecques et latines, bref, tout ce magma qui fait que notre langue est unique, belle, compliquée, élégante, et pareille à nulle autre. Na !

Je disais quelque part que j’adore l’orthographe. J’adore me poser la question et décortiquer les mots et les phrases. Ceci m’amuse beaucoup à petite dose, au cas par cas, mais voir défiler page après page l’ensemble des difficultés, même si elles sont bien expliquées, bien analysées… Argh !Halte-là … aie, aie, aïe, non mais quel pataquès, quel pataquès phénoménal; de quoi se sentir accablée, assommée, dépitée, énervée, agacée, confuse par moments, et avec une envie folle de lâcher un bon juron, question de faire baisser la pression.

Sachez, afin de vous consoler, que même pour les cas les plus difficiles nos éminents référents en matière d’orthographe ne sont pas d’accord et se crêpent le chignon en défendant leurs points de vue. Alors nous, modestes usagers de cette belle langue, faisons en sorte d’ adopter un profil bas, sortons nos antennes en permanence et tâchons d’en faire le moins de fautes possibles.

Un exemple de petite dictée cruelle (voire sadique…) avec participe passé précédé d’être lui-même précédé d’un pronominal: Mon amour, nous nous sommes serré la main, plu, échangé nos coordonnées et séparés à regrets. Puis, rentrés chez nous, nous nous sommes rendu compte de notre attirance et téléphoné ou joints au téléphone si ta maman préfère. Nous nous sommes fixé un rendez-vous, munis de nos plus beaux habits, retrouvés, serrés très fort, embrassés goulûment et heurtés à nos familles respectives. Ta maman te disait: « Vous vous êtes attiré des ennuis ». La mienne me disait: »Vous vous êtes attirés dans un piège ». Nous nous sommes foutus de ces remarques. Le soir, nous nous sommes désaltérés, dit des gentillesses, juré fidélité ou garantis contre l’infidélité si ta maman préfère, dévêtus ou séparés de nos habits si ta maman préfère, étendus sur notre lit, regardés tendrement et…Nous ne nous sommes plus jamais revus !

Ou alors cette autre dictée cruelle sur les conjugaisons: Chère voisine, les résidents de notre immeuble dont certains sont des ayants droit particulièrement exigeants se réjouissent de vos succès masculins. Néanmoins, ils préféraient votre amant précédent. En effet, se fatiguant très vite, ce dernier respectait le silence de l’immeuble. La femme provocante que vous êtes devient fatigante depuis qu’elle fréquente ce nouvel amant particulièrement négligent.

Ou cette autre sur les accords « désaccordés »: Cher ami Japonais responsable du protocole, je vous explique. La dame située à côté de l’ambassadeur est Madame l’ambassadrice parce qu’ils sont mariés. Leur fille qui dirige une ambassade s’appelle Madame l’Ambassadeur. Son mari ne compte pas. En ce qui concerne les diplomates pacsés, aucune décision n’a été prise. Leur secrétaire qui peut être chauffeur ou conductrice sert parfois d’ambassadrice de l’Institution. Un jour, je vous expliquerai pourquoi votre sœur peut espérer devenir Reine alors que vous ne serez jamais Roi.

L’ORTHOGRAPHE, Éditions Gunten 2013,  ISBN 978-2-36682-044-7

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