De bonne famille d’Isabella Bossi Fedrigotti

La comtesse Isabella Bossi Fedrigotti est une journaliste et écrivain italienne (Roveto 1948). Elle se fit connaitre en 1980 par son roman sur Garibaldi Amore mio, uccidi Garibaldi. Le roman De bonne famille date de 1991, il fut couronné par le prix Campiello la même année.

C’est  Bookycooky, une amie babeliote (réseau Babelio, amis de lectures) qui m’en a parlé en premier à l’occasion d’un échange sur nos lectures.

C’est un livre qui se lit bien, très fluide, et dont la traduction de Danièle Valin a gardé toute l’élegance de la langue italienne. C’est un roman à deux voix, les voix des soeurs Virginia, l’aînée, et Clara, la cadette. Nous ne connaitrons pas le patronyme de cette famille, mais nous saurons qu’elles habitent une vaste demeure familiale à M. non loin de l’Autriche, dans un paysage montagneux, beau et solitaire. C’est une famille qui a beaucoup de traditions et d’interdits, c’est une famille très bourgeoise mais appauvrie.

Le premier récit est celui de la cadette, Clara, une personne qui vécut toute sa jeunesse à l’ombre de ses parents et de sa grande soeur, étant bien moins jolie, mais surtout très timide et réservée. Clara va nous raconter comment elle va rater ses deux histoires sentimentales parce que Virginia va s’immiscer de façon perfide et de telle façon que ses relations seront rompues à jamais et  Clara restera vieille fille. Elle n’aura pas de vie sentimentale, mais elle fera en sorte de conserver le patrimoine legué par ses ancêtres. Virginia en revanche est un panier percé et dilapide sans se poser de questions notamment sur le fait qu’elle est en train d’expolier sa soeur. La seule relation proche de Clara est Beppina, sa servante depuis toujours, attachée foncièrement à cette famille alors que, à partir d’un certain moment, elle est bien plus riche que les deux soeurs. A la fin de sa vie Clara est consciente que les enfants et petits enfants de Virginia lui tournent autour exclusivement par rapport à l’héritage.

Le récit de Virginia est radicalement différent, son point de vue est très égoïste et elle ne se pose jamais de questions sur une éventuelle souffrance de Clara. Elle a mené sa vie à sa façon, loin de la maison familiale et quand les choses tournent mal, elle y retourne et se sert sur le patrimoine mobilier et les objets de valeur. Si Clara ne manifestait pas un certain sérieux et attachement vis-à-vis de son patrimoine, tout partirait à la vente. Par rapport aux relations sentimentales que sa soeur eut un jour , le lecteur est à même de comprendre le niveau de manipulation et j’oserais dire, de perversité qu’elle a déployé avec sa cadette. De plus, Virginia, se sachant la plus belle et la plus désirable, elle estime que tout lui est dû; elle n’exprimera jamais un quelconque regret.

En vieillissant les deux soeurs vivront en se regardant en chiens de faïence, partageant de rares moments ensemble et sans jamais communiquer entre elles et clarifier leurs positions.

Livre intéressant qui soulève le problème de la profonde solitude au quotidien entre deux personnes de la même famille, plongées dans une totale incommunication.

DE BONNE FAMILLE, Hachette Littératures 1997(Milan 1991),  ISBN 2-01-23-5315-0

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