Il faudra repartir (Voyages inédits) de Nicolas Bouvier

Couverture : Il faudra repartir-voyages inéditsNicolas Bouvier était un écrivain-voyageur et photographe suisse (1929-1998). Son livre de 1963 L’usage du monde: voyage de Belgrade à Kaboul,  est devenu un livre culte: considéré comme un chef d’oeuvre de la littérature de voyage, un livre référence pour de nombreux voyageurs et écrivains. Il a laissé plus de trente publications et quelques témoignages historiques sur l’Allemagne de 1948, la France et l’Afrique du Nord de 1958, l’Indonésie de 1970 et la Chine de 1986, entre autres.

L’écriture de Bouvier nait du voyage et de la contemplation que ce dernier procure; Nicolas Bouvier est le chantre de l’aventure authentique dans une langue très personnelle ( et très suisse), riche, imagée, sensuelle parfois.

Il faudra repartir est un livre posthume, édité en 2012, quatorze années après sa mort. C’est un carnet de voyages inédits à des âges différents entre 1948 et 1990 . Mais ce sont des notes de voyage qui n’ont pas été retravaillées, écrites sur le vif, disparates et savoureuses (dixit François Laut, auteur d’une biographie de Nicolas Bouvier L’oeil qui écrit, 2008). C’est un livre qui m’a été offert par mon amie Françoise avec un autre du même auteur: Chronique japonaise qui fera l’objet d’une autre publication . Il paraît que ce n’est pas la meilleure option de commencer à lire Bouvier par ce livre, qui est en fait inachevé. Mais on verra bien plus tard ce que la lecture de Chronique japonaise m’apporte.

La lecture de ce livre  ne m’a pas conquis, parce que lire des récits sur des endroits que l’on n’a pas visité c’est plutôt barbant. Puis il y a le style, même s’il s’agit d’un premier jet, clairement non revisé, je l’ai ressenti comme lapidaire, pas toujours expliqué et écrit dans un français helvétique nécessitant des explications en bas de page. En revanche, c’est assez érudit avec  beaucoup de références culturelles dont j’ai apprécié particulièrement les citations de lecture.

Où nous mène le récit? D’abord de Genève à Copenhague en 1948, puis en France en 1957 et 1958, en Afrique du Nord en 1958, en Indonésie l’été 1970, en Chine l’été 1986, au Canada l’automne 1991 et en Nouvelle-Zélande en 1992.

C’est drôle ce qu’il écrit sur la France page 73:…Le commerce des Français m’a beaucoup dégourdi. Les Suisses ont des possibilités, offrent une bonne  terre bien calme, mais qui n’est pas stimulée, il faut qu’ils aillent se dégourdir en France. Au début Paris leur fait l’effet d’un buisson d’épines, ils s’effarouchent de cette ville si formée, où les réflexes sont aiguisés, les langues dures, les contours pointus. Mais c’est bon, c’est une cure nécessaire, la faculté de critiquer son travail lui est rendu…

Voici une phrase retrouvée page 76 qui m’a semblé pleine de bon sens :les choses qu’on a violemment aimées au début de la jeunesse devraient ou disparaître sans laisser des traces ou grandir avec nous. Et voici une autre page 96: l’idéalisme en politique, c’est de miser sur des bonnes théories, même si elles sont défendues par de mauvais chevaux.

Il écrit qu’en Indonésie il n’y a que les volcans et les canards qui travaillent. Étrange que le puritanisme et la précision hollandaise aient si peu marqué le pays. Les banques ne travaillent que trois heures par jour.Le bakchich règne sur l’activité nationale alors qu’il est certain que l’Indonésien n’est pas naturellement moins honnête que l’un ou l’autre de ses voisins et sans doute plus que le Philippin. A Denpasar il n’avait jamais vu une ville où les gens aient l’air de s’en foutre autant. Ce sont des gens qu’il faut exhorter. Foutaise, collusion, prévarication, solidarité dans la petite combine.

Lors du voyage en Nouvelle-Zélande Nicolas Bouvier écrit avoir acheté une montre à l’improviste à l’aéroport. Cela m’a fait rire, un suisse achetant une montre à l’étranger. Un paradoxe phénoménal. Elle est bien bonne celle-là.

IL FAUDRA REPARTIR,  Petite Bibliothèque Payot 2013,  ISBN 978-2-228-90915-0

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