Les vaisseaux du cœur de Benoîte Groult

 

Afficher l'image d'origineBenoîte Groult est française (Paris 1920-Hyères 2016); elle est écrivain, journaliste et militante féministe. Elle possède une Licence en lettres. C’est la fille d’André Groult, grand décorateur des Années Folles et de Nicole Groult  née Poiret, créatrice de mode et sœur du grand couturier Paul Poiret; elle est la filleule de Marie Laurencin, une tendre amie de sa mère.

Sa bibliographie est vaste et j’en ai  lu plusieurs livres, mais il y a trop longtemps pour en parler avec justesse et précision. Elle a un joli coup de plume, vif et direct.

Les vaisseaux du coeur, publié en 1988 est un livre autobiographique qui va nous plonger dans une histoire d’amour physique torride entre deux êtres que tout oppose. Elle est parisienne, bourgeoise, cultivée et se prénomme George (dite » George Sanzès », en honneur à George Sand). Lui est breton, pauvre et ne pète pas plus haut que son cul, pour employer un langage franc et direct, à la manière de Mme Groult; il se prénomme Gauvain. Et pourtant…ces deux êtres vont s’éprendre d’un amour physique si fort et si complet, qu’ils ne pourront jamais se perdre de vue, jamais se rassasier malgré les années, la distance, leurs vies familiales respectives, le cas de conscience que cette situation pose surtout à lui. Leur amour va durer 40 ans et ne va cesser que avec la disparition de Gauvain.

C’est un livre qui fait très moderne, très libre,  parce que Benoîte Groult a mis les mots qu’il fallait pour décrire cette longue passion  et la rendre crédible. C’est aussi un livre carrément drôle par moments, l’écrivain manie l’ironie qui peut être assez caustique, à la perfection. Nous assisterons attendris à l’outrage du temps, ce naufrage, et au vieillissement des amants, avec les signes extérieurs de leur décrépitude, sans que jamais le désir de l’un pour l’autre ne disparaisse. En fait cet amour ne se terminera qu’avec la disparition de l’un des deux. Je comprends le besoin  de  Mme Groult, de laisser une trace écrite de cette belle et très forte histoire d’amour.

Le titre est magistralement trouvé, car métaphoriquement c’est le cœur qui commande nos sentiments et c’est par le cœur que George Sanzès perdra son amant.

La réflexion suivante me vient à l’esprit: il n’y a pas qu’un seul type d’amour, mais des amours qui peuvent être tellement différentes. Quelle richesse dans le bref parcours d’une vie humaine, que d’éprouver plusieurs amours !

Un film a été adapté en 1992 d’après ce livre par Andrew Birkin, sous le titre original de Selz Auf Unserer Haut ( Salt on our skin) avec la belle Greta Scacchi et Vincent D’Onofrio. J’ai visionné le film (en entier) sur youtube (1h48) avec des sous-titres en espagnol truffés de fautes d’ortographe ! et dont le résultat me paraît très en deçà du livre, avec beaucoup de changements et très peu d’émotion.

 

Salt on Our Skin (AKA Desire)

 

LES VAISSEAUX DU CŒUR, Éditions Grasset et Fasquelle 1988,  ISBN 2-246-39951-3

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