Le cercueil de pierre de Kjell Eriksson

 

 

Écrivain suédois de romans policiers (Uppsala 1953).
Encore un auteur scandinave de romans policiers, c’est une vraie déferlante. Est-ce que les froids polaires et l’hiver interminable de la Scandinavie sont propices à cette abondante production?

Le cercueil de pierre est le troisième opus mettant en scène la policière Ann Lindell; l’auteur  a reçu en 2002 le Prix du meilleur roman policier suédois pour La princesse du Burundi. Et l’écrivain avait été recompensé en 1999 par le Prix du meilleur Premier roman policier avec le premier tome de cette saga avec Ann Lindell.

Ce livre est plus un roman psychologique que un polar-économique, car nous sommes plus introduits avec force dans la vie privée des policiers de la criminelle d’Uppsala, au sein de la social-démocratie suédoise, que dans les recoins de la trame politico-économico-policière du roman. Le lecteur devient presque voyeur car on lui raconte jusqu’au transit intestinal d’Ann Lindell, la policière aspirante commissaire à qui est confiée l’enquête…( mais si, allez voir page 50). Nous saurons tout sur la triste vie im-personnelle de la policière car la jeune femme n’a pas de vie personnelle: son métier est trop prenant . Elle trouve consolation le soir chez elle autour d’un verre de vin (ou de plusieurs) …Les détails concernant la vie privée des autres collègues sont aussi assez potiniers. Le titre du livre émane du fait que l’on trouvera une jeune femme étranglée pour laquelle l’assassin a bâti un cercueil avec des pierres de son arrière cour. Et tous ces noms suédois de lieux rendent l’assimilation plutôt ardue.

Pour revenir à l’intrigue policière, elle est internationale et concerne les procédures frauduleuses employées par les laboratoires pharmaceutiques sous couverture de « sauver des vies humaines », mais en se servant d’autres vies humaines, ceci sans états d’âme. Alors même que des groupuscules émettent des cris d’orfraie parce que on se sert de nos ancêtres directs, les chimpanzés, pour faire avancer la science…Eh ben…Non, le fond du problème est connu de tous: les laboratoires investissent beaucoup d’argent mais récupèrent largement la mise, largement. C’est l’appât du gain, point barre.

Ce n’est pas le premier polar qui parle de cette pratique. Pour ne vous citer que deux autres livres : Le cerveau de Kennedy de Henning Mankell de 2005 qui relate le trafic de chair humaine servant à l’expérimentation au Mozambique (et le paradoxal Henning Mankell qui a fui une Suède « corrompue » pour s’installer dans une Afrique « vertueuse »…) , ou cet autre polar  Ordinary thunderstorms de William Boyd de 2009, commenté dans ce blog en décembre 2012 ( English version), un vrai thriller et un vrai page turner sur l’industrie pharmaceutique et les nouveaux médicaments.

Livre qui se lit sans déplaisir, qui arrive à maintenir l’attention du lecteur, sans véritable suspense.

LE CERCUEIL DE PIERRE, Babel Noir N° 33, 2008,  ISBN 978-2-7427-8795-1

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