Album de Marie-Hélène Lafon

Marie Hélène Lafon est née dans le Cantal (Aurillac 1961), elle est Professeur agrégée de Lettres Classiques  en région parisienne. Elle a publié une dizaine de romans ancrés dans le monde rural auvergnat et il parait que chacun de ses romans comporte une part autobiographique revendiquée.

Ce petit livre  d’à peine 100 pages est écrit sous forme d’abécédaire hétéroclite de  réalisme paysan; ce sont 26 courts textes en prose, plus ou moins poétiques pour certains d’entre eux, décrivant un monde rural qui pourrait être n’importe quelle autre région rurale française, hormis le fait que la neige doit en faire partie (Cantal oblige). On sent bien que ce monde est cher au cœur  de l’écrivain. C’est un monde en voie de disparition.

J’ai su que Album doit se lire en complément de Les pays,  paru aussi en 2012. Je regrette, mais on me l’a offert tout seul et c’est ainsi que je l’ai lu, ainsi que je l’ai dégusté, savouré et ruminé.

Ce sont des digressions sur des choses bien concrètes telles que arbres, automne, bottes (en caoutchouc), burons, chiens, et ainsi de suite. Marie Hélène Lafon n’est pas agrégée de lettres pour rien, elle joue avec les mots et se délecte des répétitions et des synonymes. Voici deux exemples pour donner le ton:

CHEMINS: Les chemins sont opiniâtres. Ils parcourent et nervurent, au présent de chaque jour. Ils effleurent des maisons effacées, débusquent les hameaux les plus infimes. Ils ont des secrets, ils sont des secrets. Si la grâce n’a pas été donnée de les apprivoiser d’enfance, ils vous sont révélés par des personnes de confiance qui vous précèdent et vous initient.

MAISONS: Les maisons changent de mains, elles sont héritées, partagées, elles sont à vendre, elles ont été vendues, elles sont achetées, rachetées, rêvées, cherchées, recherchées, ressuscitées, ensommeillées, garnies d’enfants, désertées, abasourdies, abandonnées, perdues, retrouvées. Elles sont ouvertes, elles sont fermées, oreilles rabattues. elles sont traversées d’histoires.

Et ainsi de suite. Le texte est sensible, mais ne percute pas très loin. Les souvenirs affleurent, vous effleurent, puis s’en vont. C’est léger.

Merci Jean- Marie pour ce cadeau. Aurillac ce sont les racines pour toi. C’est important. Je compatis.

ALBUM, Buchet-Chastel 2012 (Libella 2012),ISBN 978-2-283-02572-7

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