Les ailes de l’ange de Jenny Wingfield

Journaliste free-lance,  scénariste et maintenant écrivain, d’origine américaine (Arkansas); elle a écrit des scénarios  de films, dont  Un été en Louisiane de Robert Mulligan , The Outsider avec Naomi Watts, entre autres. Elle vit aujourd’hui au Texas dans une ferme entourée d’animaux.

Les ailes de l’ange (The Home coming of Samuel Lake) est son premier roman, publié en 2011 et qui connut un immense succès . Le titre qu’on lui a donné en français dessert ce roman , alors qu’une traduction littérale aurait fait une bien meilleure affaire, comme  en espagnol :El regreso de Samuel Lake; il ne faut pas oublier l’excellence de la traduction d’Isabelle Chapman que restitue toutes les subtilités d’une langue riche et imagée avec beaucoup de blagues très bien traduites.

C’est un roman épatant, en partie inspiré des souvenirs d’enfance de l’auteur dans l’Arkansas,  ce Deep South américain, qui a connu la ségrégation raciale  jusque dans les années 60,  où la religion est omniprésente,  où les tornades sont fréquentes en été dans ce climat .

C’est un livre que respire l’authenticité avec des sujets porteurs comme la famille, les communautés religieuses, les usages typiques du Sud, l’opposition permanente entre Dieu et  démon, le suicide, le mariage, l’amitié,  les abus sur les enfants et les animaux, la violence la plus crue.

Jenny Wingfield nous fait entrer dans l’intimité de la famille Moses où trois générations sont obligées de cohabiter, l’été 1956,  dans une ferme délabrée en pleine cambrousse (comté de Columbia dans l’Arkansas) ; tous les  personnages sont très bien campés, si réels, que nous aurons du mal  à les quitter. Le personnage principal est Swann, une gamine de 11 ans, garçon manqué, délurée mais dotée d’une maturité incroyable et qui va subir un sort atroce. Le message est assez manichéen: dans ce monde cohabitent le Bien et le Mal. Et nous ne pouvons pas grande chose.

Au cours de cet été nous connaîtrons le sort de chacun des membres de cette famille hétéroclite mais si semblable à tant d’autres familles américaines du sud profond: les grands parents, forts et obstinés; les parents de Swann avec un père prédicateur et itinérant, une mère dévouée à sa famille et docile; les deux fils, Noble et Bienville,  si différents, Swann, la fille,  forte et fragile à la fois, à l’aube de devenir une femme; l’oncle Toy mutilé de guerre et sauvage, marié avec Bernice,  une femme insatisfaite,  égocentrique et  érotomane, etc, etc. Tous les personnages sont mémorables et dotés d’une épaisseur humaine excellente.

Il y a dans ce roman une alternance de choses très dures, voire insoutenables, avec une drôlerie , une fraîcheur incroyables. Difficile de s’arracher à la lecture jusqu’à la dernière page. Un bijou.

Comment ne pas penser à d’autres romans qui se passent dans le Deep South comme Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, A l’est de l’Eden de Steinbeck, Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg  et d’autres encore.

LES AILES DE L’ANGE, Collection 10/18 N° 4694,  ISBN 978-2-264-05621-4

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