Sukkwan Island de David Vann

Sukkwan Island de David Vann, éditions Gallmeister

Écrivain américain né en 1966 sur l’île Adak en Alaska; il réside en Californie où il enseigne la littérature à l’Université de San Francisco. Pour ce premier livre il a reçu en 2010 les prix suivants: Prix Médicis étranger ex-æquo avec Maylis de Kerangal (Naissance d’un port), prix des lecteurs de l’Express, prix des lecteurs de la Maison du Livre de Rodez, prix du Marais.

Cette lecture m’a été recommandée par Monique F il y a bien longtemps, mais je n’ai trouvé le temps de la faire que maintenant. J’arrive donc sur le débat avec trois ans de retard.

C’est une histoire noire et violente, 100 % autobiographique que le jeune David Vann écrira comme un exutoire à son malheur personnel afin de pouvoir se libérer d’une partie du poids du remords: l’écrivain David Vann connut l’horreur lorsqu’il avait 13 ans, exactement comme son personnage Roy et trente années plus tard il écrira ce roman que transsude la folie et la déraison.

Dans la dédicace du livre on peut lire: « A mon père, James Edwin Vann 1940-1980 », car le père de David Vann, comme son personnage Jim, diminutif de James, aimait les femmes, la pêche et la chasse; il exerçait aussi comme dentiste sur une base américaine à l’extrême ouest de l’Alaska. La famille résidera ensuite à Ketchican près de la frontière canadienne. Les parents Vann vont se séparer car le père est infidèle; sa mère, sa jeune sœur et lui partiront s’installer en Californie… Lorsque David a 13 ans, son père lui propose de venir passer une année en Alaska, mais David refuse et 15 jours plus tard son père se tirera une balle dans la tête.

Pendant 15 ans David Vann souffrira d’insomnie, rongé par la honte et la culpabilité.

Il a écrit son histoire lorsqu’il avait 19 ans, mais ne trouvera pas d’agent littéraire jusqu’en 2008, lorsqu’il gagnera un prix dans le Massachusetts avec d’autres nouvelles publiées sous le titre Legend of a suicide qui aura une critique favorable dans le New York Times. Le livre est lancé. Trente années après le suicide de son père, David Vann connait la consécration avec 63 000 exemplaires vendus en 6 mois, essentiellement en France mais aussi dans toute l’Europe.

Je n’ai pas aimé ce livre qui m’aura littéralement glacé le sang. Nous baignons dans la folie du père, irresponsable, pitoyable, immature, qui va entraîner ce fils de 13 ans dans une aventure tellement stupide et tirée par les cheveux, dangereuse; le fils qui est tellement plus mûr que le père. Irresponsabilité de la mère d’avoir confié son fils à ce père tellement névrotique, quasi psychotique. Non seulement je n’ai pas aimé ce livre, mais je ne le conseillerai pas. En revanche je reconnais le travail réalisé par l’écrivain ainsi que l’écriture employée pour narrer cette histoire terrible et douloureuse; belle description de cette nature si loin du rousseauisme. Comment ne pas évoquer le film de Sean Penn Into the wild (2007), Vers l’inconnu au Québec, qui m’avait tellement remuée à l’époque.

Constatation d’échec d’ une tentative plus que maladroite de rapprochement entre un père et son fils, qui n’arrivent pas à s’aimer par manque de disponibilité de la part du père et par manque de dialogue adéquat entre les deux. Triste à chialer. Dérangeant.

SUKKWAN ISLAND, Gallmeister 2010,  ISBN 978–2-35178-030-5

Une réflexion sur “Sukkwan Island de David Vann

  1. Oeuvre éprouvante, marquante car tirée du vécu de son auteur. Je me demande s’il a « exorcisé » son histoire avec ce lvre.

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