Les roses de Guernesey de Charlotte Link

Charlotte LinkCharlotte Link est née en Allemagne (Francfort) en 1963. Elle a publié son premier livre à 19 ans : elle écrit des livres pour enfants, des nouvelles, des romans et des articles dans des magazines et des quotidiens. Ses romans sont surtout des romans historiques et des thrillers psychologiques. En 2007 elle a reçu le Prix Goldene Feder pour l’ensemble de son oeuvre. C’est un des auteurs le plus populaires en Allemagne où elle a vendu plus de 9 millions de livres !  Elle est engagée activement dans la protection des animaux.

On lui doit plusieurs best sellers portés avec succès au petit écran dont la trilogie Le temps des orages ( Sturmzeit) en 1999.

Ce roman, Les roses de Guernesey (Die Rosenzüchterin) date de 2000, il a été publié en deux tomes dans la collection  « J’ai lu »: T1 Le fardeau du passé et T2 La brume se lève.

C’est au cours d’un voyage en Amérique Centrale que Jacqueline B. m’a parlé de ce livre dans des termes élogieux, alors que moi je lui citais l’excellent roman épistolaire des américaines Mary Ann Shaffer & Annie Barrows:  Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (2009). Mais si les deux romans se passent à Guernesey, le roman de Charlotte Link concerne toute la période d’Occupation, alors que le livre des américaines concerne la fin de la guerre et l’évacuation des troupes allemandes. Deux très bons livres.

Les roses de Guernesey est un roman palpitant qui raconte la vie de Béatrice Shaye, originaire des îles Anglo-Normandes, qui avait 14 ans lorsque les troupes d’occupation allemandes arrivèrent sur l’île. La population avait fui en majorité vers Londres, mais lors de la fuite elle a été séparée de ses parents qui sont partis sans elle. Alors, le commandant allemand ayant choisi la maison des parents de Béatrice pour s’y installer avec sa femme Hélène, Béatrice sera prise en charge par le couple allemand. Elle pourra rester 5 années dans sa maison, mais devra subir constamment l’agression de la part du commandant qui était un grand dépressif; sa dépression et son agressivité connaîtront un climax avec la défaite de l’armée allemande. En revanche elle aura des relations tout à fait particulières avec Hélène, l’épouse du commandant.

L’épisode de l’occupation des îles est assez méconnu de l’Histoire. En effet, à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, ces îles furent abandonnées des deux côtés: des anglais et des allemands. C’est parce qu’ils avaient préféré garder leurs forces intactes pour affronter les troupes d’Hitler sur le continent, que les Alliés n’avaient pas inclus les îles dans leur projet de débarquement: malheureux confettis sans importance qui ne méritaient pas qu’on risquât des pertes en tentant de les libérer. Du jour au lendemain, ces minuscules têtes de pont du gouvernement allemand furent oubliés de tous au milieu de l’Atlantique et coupées du  » Grand Reich », qui jusque-là avait, tant bien que mal, assuré leur ravitaillement. Mais désormais plus rien ne bougeait et les seuls qui auraient pu faire parvenir des vivres étaient les Britanniques, mais Churchill, sachant que tout ce qui serait envoyé là-bas profiterait d’abord à l’ennemi, refusa qu’une aide quelconque soit apportée aux îles;  il choisit, pour ne pas soutenir l’ennemi, d’affamer ses concitoyens. Occupants et occupés souffraient également: ils avaient faim, ils avaient froid; ils partageaient la faim et le sentiment d’avoir été oubliés. Et dans les îles Anglo-Normandes , les relations entre occupants et occupés étaient particulières: l’isolement et l’étroitesse des lieux avaient contribué à faire naître un sentiment d’appartenance à une même communauté, sans que ce fût volontaire ou organisé ni d’un côté, ni de l’autre.

Il est difficile d’imaginer à quel degré d’incurie cette population s’est vu confinée: pour subsister, ils buvaient du thé fait avec des feuilles de mûrier, ils mangeaient des pissenlits, suçaient de l’écorce d’arbre pour tromper la faim, préparaient un breuvage avec des glands torréfiés pour remplacer le café. Il s’est fallu de très peu que cette population ne mange les pissenlits par la racine…

Et à la fin du conflit, Béatrice Shaye dut prendre en charge la femme du commandant, quand celui-ci s’est suicidé lorsque l’Allemagne capitula. Difficile d’entendre comment Béatrice put se charger d’un fardeau pareil, mais il faudra attendre la fin du roman pour connaître la raison à tout cela. et cette raison était valable, croyez-en. Certaines ficelles du roman sont trop faciles, mais les points abordés sont intéressants, voire captivants: la tyrannie de l’occupant, l’obligation de devoir se cacher et puis certaines attitudes des gens « occupés ».

Il paraît que ce roman fait penser à un autre roman du même auteur: L’invité de la dernière heure ( Der fremde Gast, 2005) autre roman riche en histoires se recoupant, exactement comme ici.

LES ROSES DE…, 2000(,Presses de la Cité 2004),  ISBN 2-7441-8201-X

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s