Les chiens de Riga de Henning Mankell

Henning Mankell, est un auteur à succès de romans policiers. Il est d’origine suédoise, mais il a choisi de vivre en Afrique. Il est le chef de file de cette génération d’auteurs de polars scandinaves  qui ont proliféré de façon incroyable et que l ‘on appelle le boom des auteurs scandinaves. J’ai fait la connaissance des livres de Mankell il y a très longtemps, grâce à Corinne L.  Depuis, je crois que j’en ai lu beaucoup, et mon impression est qu’ ils sont inégaux quant au sujet et au suspense. Dans ce blog, j’ai commenté Le chinois aussi de Mankell, en mars 2012.

Les chiens de Riga est un polar a forte connotation politique, entre la Suède et la Lettonie. Le titre comportant le mot chien viendrait du fait que les chiens sont très nombreux à Riga, ils pullulent. Dans ce roman nous suivons une nouvelle enquête en Scanie (comté du sud de la Suède) de l’inspecteur Kurt Wallander, le héros de Mankell, la quarantaine, désabusé, fatigué et découragé, sortant mal d’un divorce et très seul entre son père et sa fille unique avec lesquels  il ne s’entend pas. Et tellement humain. Buvant du café toute la journée pour tenir le coup, se demandant périodiquement s’il ne ferait pas mieux de quitter la police et de passer dans le privé, amateur d’opéras et fan de la Callas …

Dans ce roman, deux cadavres tués à bout portant après  avoir été torturés, sont découverts dans un canot pneumatique que des vents forts ont traîné jusqu’en Suède. Très vite, on apprend qu’il s’agit de deux hommes d’origine russe au casier judiciaire chargé,  en provenance de Lettonie . Les lettons enverront un major de la brigade criminelle de Riga pour aider les suédois dans les  débuts de l’enquête; le major expliquera à Wallander que,  bien que les russes ne représentent que 15% de la population en Lettonie, ils dominent les lettons à tout point de vue car l’implantation de citoyens russes est l’une des méthodes, peut être la plus efficace du communisme de Moscou, pour asservir la Lettonie. Le KGB et la maffia sont liés par des fils invisibles. Le major letton sera assassiné dès son retour en Lettonie et Kurt Wallander est envoyé en mission à Riga pour essayer de découvrir les raisons de cet assassinat. Là bas il fera la connaissance de la veuve du major et  en tombera éperdument amoureux. Pour des raisons purement sentimentales, il voudra aider cette veuve à trouver les mémoires du major qu’il avait cachés soigneusement car ils sont plus que compromettants pour la hiérarchie de la police lettone. Le fond de l’affaire est la drogue avec la prolifération de fabriques d’amphétamines dans les pays de l’Est où le marché de la Suède représente la part la plus convoitée  par les gangs lettons car la côte accidentée du pays est excellente pour la contrebande par voie maritime.

Prétexte pour nous embarquer dans un pays  d’une grisaille infinie, la Lettonie,   où tout est contrôlé d’après le modèle soviétique. De plus,  l’affaire des « Bérets noirs » était récente, les forces spéciales soviétiques avaient tiré sur le bâtiment du ministère de l’Intérieur dans le centre de Riga et tué plusieurs civils dans la fusillade. L’État totalitaire letton avait un aspect fuyant qui rendait infiniment plus difficile la collecte des informations et la constitution d’un ensemble de preuves. Dans ce pays on risque la mort si on parle. On risque la mort si on se tait, ou si on ne dit pas ce qu’il faut, ou si on ne s’adresse pas aux personnes qu’il faut…les dés sont pipés…

Au bout d’une traque incroyable, Wallander réussira à s’approprier des documents nécessaires pour accuser les coupables et à sauver sa peau de justesse. Mais il ne réussira pas à échapper aux flèches de Cupidon, ce qui va le rendre terriblement mélancolique.

Ce livre me rappelle un autre livre, le best seller de la finnoise Sofi Oksanen, Purge, qui a raflé tous les prix dans l’Europe du Nord, et qui raconte l’évolution du stalinisme, du communisme le plus étouffant au post-communisme le plus avilissant et glauque dans une autre république soviétique, l’Estonie. D’autres écrivains nordiques ont jeté des ponts secrets entre une histoire douloureuse et un présent qui balbutie: Stieg Larsson, Arnaldur Indridason…

Un Mankell moyen, avec beaucoup de politique pour faire passer le suspense.

LES CHIENS DE RIGA  1992, ( Éditions du Seuil 2003),  ISBN 2-7441-6780-0

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