Féroces de Robert Goolrick

Écrivain américain né en Virginie, États Unis, résidant à New York. Il a fait des études à la John Hopkins University , Baltimore; il a vécu plusieurs années en Europe puis il s’est établi à New York où il travaille dans l’advertising. Ce livre est son deuxième roman (en anglais  The end of the world as we know it: scenes from a life) , 2007. Je serai éternellement reconnaissante à Christine L. de me l’avoir conseillé. Ses deux autres livres déjà parus feront partie de mes  lectures à venir.

C’est un livre autobiographique d’ environ 250 pages  écrites avec une rage respectueuse et beaucoup d ‘humour. C’est l’humour qui aidera à la lecture car le message est terrible et sans appel. Goolrick va nous distiller sa douleur et sa souffrance, jamais apaisées, face a ce qui fut le saccage et le vol de son enfance, par des parents mal aimants, mal dans leur peau, alcooliques mondains, névrosés et égoïstes.

Goolrick a voulu faire une catharsis de ses souffrances avec ces confessions, mais cela est difficile : nous lui souhaitons de tout coeur qu’il retrouve une certaine paix et un peu de bonheur.

Quid du texte? Nous sommes dans la douce Virginie des années 50 , dans une maison baignée par la rivière Potomac, chez la famille Goolrick, personnes irréprochables, bien élevées, brillantes, au physique avantageux,  irradiant des reflets fitzgeraldiens avec leur confort et leur savoir vivre. Le diktat est avant tout de paraître, mais la façade sociale un peu trop lisse des parents s’écaille.

En coulisses nous assistons à un autre décor: le désamour des parents,  l’ennui existentiel et  la névrose de sa mère, le manque d’argent permanent,   l’alcoolisme mondain ravageur chez tous, proches et amis,  la demande fébrile d’amour de la part de l’enfant qu’il fut . Dans cette société, on passe son temps à préparer et à boire des cocktails à toute heure du jour. Même le Lillet est cité [… excellent apéritif bordelais, tombé  en désuétude alors qu’il connut un essor au début du siècle dernier et dont il existe la version Lillet rouge et Lillet blanc, à boire glacés, NDLR ].

L’écriture est d’ une limpidité qui fait mal, faite de lucidité sur ses propres échecs et ses failles, faite d’élégance et de sincérité. On comprend sa haine envers des parents qui lui ont volé à jamais son enfance, son innocence et la détresse pour arriver à formuler son désarroi avec une souffrance physique atroce.

On  asssiste page 195  à la confession de la faute et du silence qui s’ensuivit. Et là, tout bascule, c’est l’horreur qui n’aura pas de possibilité de retour en arrière ni de rédemption. Je suis restée sonnée, KO. Saisissant! Livre dur mais très réussi, sans pathos excessif, car employant le ton adapté à l’ampleur du message.

A lire d’urgence, probablement le meilleur livre lu dernièrement. Écrivain à suivre.

Aussi, comment ne pas avoir une pensée très forte pour le récit autobiographique de Delphine de Vigan, Rien ne s’opppose à la nuit ( 2011 ), autre catharsis,   livre sorti  des entrailles de l’auteure et qui laisse un autre témoignage bouleversant et douloureux.

FÉROCES, Pocket 14686 (Ed. Anne Carrière 2010) ISBN 978-2-266-21316-5

Une réflexion sur “Féroces de Robert Goolrick

  1. My God, quelle vie troublée et dégénérée par tant de souvenirs insupportables! Enfin, je retiens que de l’hétérosexualité à la pédophilie, il n’ y a qu’un laisser-aller, et qui plus est sur son propre enfant. Voilà qui ne nous rassure pas sur le projet politique de « mariage » homosexuel avec droit d’adoption…

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