La liseuse de Paul Fournel

Fichier:Paul Fournel salon du Livre 2012.jpgPaul Fournel est né en 1947 à Saint Etienne ; c’est un écrivain, poète, auteur dramatique et éditeur,  ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint Cloud, Directeur de l’ Alliance Française à San Francisco entre 1996 et 2000, attaché à l’Ambassade de France au Caire entre 2000 et 2003. Il a aussi enseigné le français dans les universités de Princeton et du Colorado. Il possède plusieurs casquettes car il est aussi critique gastronomique à la revue Télérama.

C’est le premier livre que je  lis de lui. Il s’agit d’un livre cité dans plusieurs blogs littéraires, comme un livre irrésistible sur le thème de la tablette de lecture et le milieu de l’ édition, ce qui a piqué ma curiosité insatiable en matière de lecture. Je l’ai donc acheté  en me disant que j’ allais pouvoir  pénétrer dans un monde où le livre était roi…

Ce roman raconte la vie de Robert Dubois , éditeur à l’ ancienne, prototype du gentil blasé et délicat, qui a du mal à vendre dans son métier, et où la perle rare est quasiment introuvable, métier fait de  lectures fastidieuses, de successions de bad-sellers plutôt que de best sellers et où les histoires manquent d’originalité, car tournant  presque toujours autour de…  » le jour où une fille rencontre un garçon »… Puis un bon matin débarque sur son bureau   une liseuse apportée par une jeune stagiaire.

Il y a peu de renseignements  sur l’intrusion dans la vie de Robert Dubois, de la tablette de lecture, appelée aussi liseuse, ou eBook ou Kindle , du nom commercial bien connu. Cela pourrait signer, après tout, la fin de son métier d’ éditeur. Le marché du livre numérique est florissant aux États Unis : 8.5% du marché en 2010 avec une prévision de 20 à 25% pour 2015, versus moins de 1% en France pour 2010.

Nous sommes dans le monde de l’édition où les livres sont avant tout des objets d’ intérêt pécuniaire avant de représenter un intérêt littéraire. Il s’agit avant tout de VENDRE et de damer le pion à la concurrence.  Voilà un milieu d’un parisianisme exacerbé, avec ses codes, son langage vernaculaire, ses manies, son nombrilisme. Il y a de l’humour c’est vrai, souvent spirituel mais pas toujours accessible au profane.

On connait le point de vue de Paul Fournel sur le numérique. Selon lui, outre la simplification de la recherche, le numérique permet de redonner vie à des formes dont le papier ne veut pas ou ne veut plus, et que les éditeurs boudent. Il pense que d’autres phénomènes vont naître du format électronique; on peut imaginer une poésie dont le poète fixe le rythme de lecture ou bien le cas d’ écrits sous  formes interactives dans certains blogs, ou encore des créations partagées, où l’un rebondit sur ce qu’a écrit l’autre. Il y aurait ainsi des champs infinis à creuser (  Télérama  N° 3256  pg 28).

Il paraît que ce livre est écrit en forme de sextine qui serait une forme poétique inventée au XII siècle et qui consisterait à respecter le nombre de strophes et la rotation des mots à la rime. C’est un livre léger, avec de l’humour  doux-amer qui décrit un monde qui disparaît, avec des références culinaires irrésistibles comme le paragraphe sur la dégustation d’artichauts. La fin du livre est belle et pudique.

LA LISEUSE ,  Ed . P.O.L. 2012    ISBN   978-2-8180-1417-2

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